Dans un entretien accordé au Figaro et publié le 9 avril, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, revient sur ses déclarations controversées faites le 12 mars à la Grande Mosquée de Paris. Il avait en effet provoqué une vive réaction en affirmant que faire croire à l'incompatibilité de l'islam avec la République était "inaudible". Moins d'un mois plus tard, il admet une "maladresse" dans ses paroles, cherchant à clarifier sa position.
Une maladresse assumée
Nuñez reconnaît avoir commis une erreur en proposant de "développer et mieux faire connaître l’islam", une formulation qui n’est pas passée inaperçue. "La République n'a évidemment pas à s'occuper de la promotion de l'islam ni de toute autre religion", déclare-t-il. Cette affirmation a été critiquée par plusieurs personnalités politiques, dont Marion Maréchal, eurodéputée du parti ECR, qui l’a qualifié d'"islamo-soumis". Le député RN Julien Odoul, quant à lui, a accusé le ministre de "refuser de dénoncer le voilement des fillettes".
Nuñez explique qu'il comprend l'émoi suscité par ses propos et souligne que ses déclarations ont été "sorties de leur contexte". Pour lui, l’objectif n’était pas de promouvoir une religion, mais de rappeler le rôle du ministre des Cultes, qui doit garantir la liberté de pratiquer "sans entrave", tout en respectant le principe de la laïcité.
Opposé à ce que des enfants portent le voile
Au sujet du port du voile par les mineures, Nuñez clarifie sa position : "À titre personnel, aucune ambiguïté : je suis opposé à ce que des enfants portent le voile." Il précise que ses précédentes réflexions visaient à éviter une approche contre-productive dans la lutte contre le séparatisme. Depuis son arrivée à Beauvau, il plaide pour un équilibre entre fermeté face à l'islamisme et rejet de toute stigmatisation.
Le ministre affirme que "aucune loi religieuse ne peut primer sur la loi de la République" et annonce avoir entamé les travaux pour un nouveau projet de loi relative à l'entrisme, visant à renforcer les dispositifs juridiques existants.
Cependant, malgré ses efforts de clarification, la polémique continue de faire des vagues dans le paysage politique. Laurent Nuñez déclare : "Je n'ai pas à me justifier, ni de leçon à recevoir," en soulignant que son bilan témoigne de sa fermeté sur ces questions sensibles.







