En pleine nuit, alors que les premières explosions résonnaient dans sa base à Caracas, le jeune cadet Saul Pereira Martinez a envoyé un message déchirant à sa mère : "Je t'aime. Ça a commencé." Ce 3 janvier, une opération américaine audacieuse visait à capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro, entraînant des frappes aériennes sur la capitale vénézuélienne. À seulement 18 ans, Saul venait de terminer son service. Pourtant, lors de cet assaut, il était encore présent à Fort Tiuna, la base de Maduro, devenue la cible principale des forces américaines. Malheureusement, en cette nuit tragique, il a perdu la vie.
Sa mère, Natividad Martinez, a été brusquement réveillée par les bruits des explosions. Vers 2 heures du matin, son fils lui a passé un appel après avoir envoyé son dernier message. "Il m'a dit : +maman, je t'aime+. Il a deux frères et m'a demandé de veiller sur eux", se souvient-elle, émue, alors qu'elle se tenait au cimetière du sud de Caracas où repose son fils. Ce jour-là, la famille s'est réunie pour honorer sa mémoire, apportant fleurs et souvenirs, se remémorant un jeune homme décrit comme "courageux".
Saul, qui venait de compléter sa formation à la Garde d'honneur, suivait un ami d'enfance ce soir-là, ce dernier étant blessé à la jambe lors des événements. Selon sa mère, la décision de rejoindre les forces armées n'avait pas suscité de crainte, mais un certain fierté pour cette évolution de sa vie, lui permettant de devenir un jeune homme responsable, loin de l'insouciance typique de sa génération.
Le cadet est l'une des nombreuses victimes tragiques de cette opération militaire ordonnée par l'administration Trump. Alors que les premières évaluations faisaient état de plus de 100 morts, le ministère vénézuélien de la Défense a réduit le bilan à 83, dont 47 militaires vénézuéliens et 32 agents de sécurité cubains. Ce jour-là, Natividad est arrivée en visitant son fils à Fort Tiuna, un panier de nourriture à la main, mais a trouvé le lieu plongé dans le silence. Quand les rumeurs des pertes humaines ont commencé à circuler, elle a exigé des réponses des soldats présents.
Elle raconte comment, lorsqu'elle a demandé des détails sur son fils, on lui a finalement révélé son décès. "Ils ont dû me le dire", déclare-t-elle, triste, fixant la tombe ornée de pétales. Le gouvernement vénézuélien a honoré Saul et les autres militaires en leur attribuant des promotions posthumes. Cependant, Natividad souligne que la société est divisée. Le chavisme au pouvoir depuis plus de 20 ans a créé des tensions parmi les Vénézuéliens, déjà affligés par une crise économique sans précédent.
Elle affirment que, bien que toutes les vies perdues à cause de conflits politiques méritent d'être pleurées, celles des soldats en l'occurrence sont également humaines. "Ce sont tous des Vénézuéliens. Peu importe leur position, ils ont des familles qui souffrent", affirme-t-elle avec conviction. La mère n'hésite pas à critiquer les actions des États-Unis, s'exprimant : "Vous ne pouvez pas entrer dans mon pays et tuer des gens de cette manière. On nous dit que c'était une opération propre. Ce n'est pas vrai. Combien de vies ont été détruites ?" Malgré son chagrin, sa fierté pour son fils perdure : "Peu importe ce qu'ils disent, pour moi, mon fils était un patriote. C'est cela qui me touche vraiment."







