Keir Starmer, premier ministre démissionnaire, a révélé un plan audacieux de 300 milliards de livres (environ 348 milliards d’euros) consacré à la défense du Royaume-Uni au cours des quatre prochaines années. L’objectif est de préparer le pays face à d’éventuelles menaces, notamment celles émanant de la Russie, d’ici 2030.
Ce plan, dévoilé le 30 juin, inclut des investissements significatifs dans des technologies émergentes, telles que les drones autonomes, tout en renforçant la capacité de dissuasion nucléaire du Royaume-Uni. Lors d’une conférence à Berkshire, un centre de production de drones, Starmer a précisé : « Nous devons faire le nécessaire pour affronter résolument ce nouveau monde. » Par ses annonces, il cherche à offrir une vision claire aux alliés tout en garantissant à l’industrie britannique l’opportunité d’investir et de se moderniser.
Prêt au combat d’ici 2030
Le gouvernement britannique, conscients des leçons tirées des conflits récents en Ukraine et au Moyen-Orient, souhaite prioriser le développement de drones pour des missions variées, allant du déminage à des frappes précises. Selon le ministère de la Défense, un budget de 5 milliards de livres (5,8 milliards d’euros) sera alloué à ces technologies.
Afin de renforcer la dissuasion nucléaire, 63 milliards de livres seront également affectés, avec 11 milliards supplémentaires pour réapprovisionner les stocks d’armement. Par ailleurs, le Royaume-Uni, en collaboration avec le Japon et l’Italie, s’engage à investir 8 milliards de livres dans le développement du futur avion de chasse .
Un point particulièrement pertinent est la transformation de la Royal Navy en une marine « hybride », intégrant des systèmes autonomes d’intelligence artificielle, tout en assurant une flotte classique. Le plan inclut la construction d’au moins six nouveaux navires de guerre, ce qui promet un soutien durable aux chantiers navals britanniques, comme le souligne un rapport de The Guardian.
Crise politique
Les retards dans l'annonce de ce plan ont exacerbé une crise politique autour du gouvernement, menant à la démission de plusieurs responsables, dont John Healey, ministre de la Défense. Healey avait exprimé des préoccupations sur le financement, évoquant l’urgence d’investir pour garantir la sécurité du pays. Toujours selon BBC, des efforts sont faits pour montrer l’unité au sein du gouvernement, avec la présence de ministres lors de la présentation du projet.
Face aux pressions exercées par les États-Unis sur l’Alliance atlantique, Londres s’est engagé à atteindre 3,5 % de son PIB pour la défense d’ici 2035. Malgré son départ imminent, Starmer a assuré que sa stratégie serait mise en œuvre, avec son probable successeur, Andy Burnham, prévu pour succéder à Downing Street.
En fin de compte, ce plan représente un investissement de 15 milliards de livres (17,3 milliards d’euros) supplémentaires, mais reste en deçà des exigences de l’état-major qui avait demandé 28 milliards. Pour les financer, le gouvernement envisage de geler certains projets non vitaux dans d'autres domaines tels que l'énergie ou les transports, mise en garde faisant écho aux priorités exprimées par de nombreux analystes de la défense.







