L'ancien président Evo Morales a adressé un cri d'alarme, affirmant au cours d'un entretien exclusif avec l'AFP que le gouvernement actuel de Bolivie pousse le pays vers "une guerre civile" par sa politique néolibérale. Cela se déroule dans un contexte de crises alimentaires, de pénuries de carburant et de médicaments, persistantes depuis plusieurs semaines en raison des barrages routiers organisés par divers syndicats et organisations indigènes. Ces manifestations visent le président Rodrigo Paz, en poste depuis la fin du gouvernement socialiste en 2019.
Rodrigo Paz, au centre d'une crise économique qualifiée de la plus grave en quarante ans, a récemment déclaré l'état d'exception pour rétablir l'ordre grâce à l'usage de l'armée. Morales, réfugié dans son bastion politique à Cochabamba, a pourtant affirmé ne pas avoir l'intention de se rendre, et a dénoncé les menaces d'intervention du gouvernement dans sa région.
« Je ne me rendrai pas », a-t-il affirmé, alors que des partisans armés de manière rudimentaire le protègent. L'ancien leader socialiste se défend également des accusations de traite de mineure, qu'il qualifie de persécution politique orchestrée par le pouvoir en place.
Dans un contexte déjà tendu, il a décrit les récents événements comme un “soulèvement contre le néolibéralisme et l’héritage colonial”. Interrogé sur la possibilité d'une intervention militaire dans sa région d'origine, Morales a déclaré qu'une telle action serait vouée à rencontrer une forte résistance de la part des paysans.
Il a également mis en avant que tout acte de violence serait inacceptable, rappelant la nécessité de défendre la culture de la feuille de coca qui, selon lui, représente la souveraineté et la dignité du peuple bolivien. Les inquiétudes persistent qu'un manque de stratégie pour relancer l'économie pourrait conduire à de nouvelles mobilisations populaires. Morales a précisé que la revendication majeure n'était pas sa démission, mais la lutte contre la privatisation des ressources essentielles du pays.
Les mots de l’ancien président résonnent fortement dans un climat de mécontentement croissant au sein de la population, alors que les appels à des élections anticipées se font de plus en plus pressants. D’après plusieurs sources, comme le quotidien local La Voz, une issue politique pourrait être nécessaire pour éviter d'autres escalades de violence.







