Ce dimanche 14 juin, un Donald Trump emporté par l'enthousiasme a déclaré que les négociations avec l'Iran avaient abouti à un accord "global" après 107 jours d'affrontements. Cependant, les détails de cet accord demeurent troubles, avec de nombreux points de désaccord à résoudre dans un délai de deux mois.
Le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi, a émis une déclaration audacieuse, affirmant que l'Iran sortait renforcé des conflits récents, tandis que Trump se vantait d'un succès diplomatique. Ce dernier a promis, via son réseau social Truth Social, la réouverture imminente du détroit d'Ormuz, vitale pour le transport maritime mondial.
Doutes sur le péage du détroit d'Ormuz
Cependant, quelques jours avant la signature, l'agence iranienne Fars a rapporté qu'une clause ajoutée stipulerait que l'Iran percevrait des droits pour "services maritimes" dans le détroit, imposant ainsi un péage, un changement majeur pour cette route de transit historiquement gratuite. David Rigoulet-Roze, analyste à l'Institut français d'analyse stratégique, explique que cette clause pourrait être légitimée par des frais de gestion, mais suggère qu'il s'agit d'un droit de péage imposé, entretenant ainsi une tension persistante autour de cette question.
La complexité de la situation se prolonge avec la question du programme nucléaire iranien. Les deux parties doivent parvenir à un consensus sur le stock de 440 kg d'uranium enrichi, alors que Trump soutient que l'Iran ne recherchera plus d'arme nucléaire. Ce sujet reste éminemment sensible, d'autant plus qu'un précédent bombardement américain a lourdement affecté plusieurs installations nucléaires iraniennes.
Progrès ou faux-semblant ?
Le climat politique en Israël est tendu, surtout avec la promesse de Trump de retirer les troupes israéliennes du Liban, une décision qui a suscité l'indignation parmi les responsables israéliens et pérennise les préoccupations concernant la stabilité régionale. Les leaders israéliens craignent que l'accord favorise le Hezbollah et d'autres groupes hostiles à Israël.
L'expert, David Rigoulet-Roze, note que l'accord pourrait occasionner une phase de déconfliction, même s'il subsiste une ambiguïté sur les véritables bénéficiaires des négociations. Chaque partie tentera de revendiquer des gains pour éviter de perdre la face, d'où la probabilité d'une escalade des tensions.
Un équilibre précaire
Finalement, les États-Unis conservent un levier économique, à savoir le gel des avoirs iraniens, facteur clé dans la pression sur Téhéran. Les Iraniens exigent la libération de 12 milliards d'avoirs gelés pour relancer leur économie, mais Washington ne cèdera pas tant qu'il n'y a pas d'avancées substantielles dans les discussions.
Dans les jours à venir, toutes les parties impliquées devront naviguer dans un terrain diplomatique complexe, où l'ambiguïté semble être la seule constante. Ne reste plus qu'à voir si c'est effectivement un tournant ou simplement un autre chapitre dans cette saga diplomatique tumultueuse.







