Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère, a comparu ce lundi 15 juin 2026 pour des accusations de complicité de harcèlement moral. Lors de l’audience, les six bénéficiaires du RSA qui l’ont accusé se sont retrouvés en position délicate. La décision a été mise en délibéré pour le 7 septembre.
À son arrivée au palais de justice, Maël de Calan a adopté un geste triomphant, saluant une foule de plus de 200 personnes venue soutenir les plaignants. Lors de ses déclarations, il a indiqué avoir découvert « cette possibilité en France de citation directe, qui permet que n’importe qui envoie quelqu’un au tribunal sans passer par le filtre du ministère public. » Les plaignants, interrogés par le président du tribunal et l’avocate de la défense, Me Zacks, ont fait face à un barrage de questions. Cette dernière, visiblement en colère, a tenté de clarifier la nature de l’interrogatoire, insistant sur le fait qu’il ne devait pas être perçu comme tel.
« Où trouvez-vous le temps de parler à tous ces journalistes ? »
Me Zacks a mis l'accent sur les finances de l’un des plaignants, Pierre, qui perçoit un revenu complémentaire compatible avec le RSA grâce à un héritage de 25 000 euros. D'autres, comme Jeanne, ont évoqué des difficultés avec le père de son enfant qui, malgré ses revenus de 3 500 euros, ne contribue pas davantage aux frais. Les témoins ont rapporté un « acharnement » dans les contrôles des petites sommes et des questions intrusives concernant des cadeaux d’anniversaire. Cécile, maraîchère à Guengat, a fait part d’une expérience particulièrement éprouvante, décrivant comment ces contrôles ont nui à son travail : « l’impression d’être traitée comme une fraudeuse depuis le début ». Quand interrogée sur son temps passé avec les médias, elle a répliqué avec humour : « la journaliste de Reporterre a cueilli les courgettes en m’interviewant. »
Maël de Calan : « L’extrême gauche veut me salir »
Maël de Calan a également appelé plusieurs témoins à la barre, dont la directrice régionale de France Travail, qui a loué les efforts du conseil départemental dans le retour à l'emploi des allocataires du RSA. Il a critiqué la perception erronée du RSA, affirmant que beaucoup confondraient ce dernier avec un revenu universel, et a défendu son action en déclarant : « Nous sommes là parce que nous avons dérangé un système. » Il a également accusé les plaignants d’être en lien avec des mouvements politiques, notamment la France Insoumise, visant à le discréditer.
L’avocat des plaignants, Me Carpentier, a soutenu que le contrôle des relevés bancaires par le conseil départemental était une atteinte aux droits de ses clients, soulignant la souffrance générée par ce qu'il a qualifié de harcèlement institutionnel.
Après plus de trois heures d’audience, l’affaire a été mise en délibéré jusqu’au 7 septembre.







