L'Iran a multiplié les menaces contre les intérêts américains et israéliens dans la région après des frappes israéliennes sur Beyrouth, marquant ainsi le 100e jour d'un conflit ayant débuté le 28 février. Ce climat de tension compromet davantage la possibilité d'un accord pour mettre fin à cette guerre qui touche le Moyen-Orient et affecte l'économie mondiale.
Dans ce contexte, Donald Trump se débat pour trouver une issue à cette guerre qui n'a guère été bien accueillie aux États-Unis. Malgré la perte de plusieurs figures importantes et de milliers de civils, la République islamique se vante d'avoir infligé un "revers cuisant" à ses adversaires.
Les tensions ont atteint un nouveau pic avec les frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth, un fief du Hezbollah pro-iranien. Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré sur X que "le blocus naval de l'Iran et le soutien des États-Unis au régime sioniste" rendent les intérêts américains et israéliens des "cibles légitimes". Il a aussi affirmé que les forces armées iraniennes étaient prêtes à agir.
Les pourparlers visant à établir un cessez-le-feu semblent au point mort. Bien que des déclarations optimistes aient été faites fin mai, le médiateur pakistanais continue à pousser pour une solution. Le ministre de l'Intérieur iranien, Mohsen Naqvi, a fait une visite à Téhéran pour remettre une lettre spéciale au guide suprême, Mojtaba Khamenei, sans en divulguer le contenu.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a qualifié le processus de négociation de "laborieux", dénonçant les changements de position de l'administration américaine sur CNN. Dans les rues de Téhéran, la population ressent une lourde incertitude économique, exacerbée par l'inflation. Un chef cuisinier de 35 ans a exprimé ses doutes sur un retour à la stabilité, tandis qu'une coach sportive de 32 ans a raconté comment la crise a réduit ses habitudes de vie.
Depuis la trêve du 8 avril, les hostilités semblaient s'être calmées, mais des échanges de tirs ont repris, notamment autour du détroit d'Ormuz, un point névralgique pour le transport maritime des hydrocarbures. Lors d'une nuit récente, l'armée américaine a abattu des drones iraniens menaçant le trafic maritime, affirmant se maintenir en état d'alerte.
Ce regain de tension a également vu des projectiles tirés depuis le Liban vers Israël, malgré un cessez-le-feu supposé en vigueur. En réponse, l'armée israélienne a effectué des frappes en représailles.
Trump a d'ailleurs appelé son allié israélien à adopter des frappes plus "chirurgicales" contre le Hezbollah, alimentant davantage les tensions entre les deux pays. Si Washington souhaite traiter les différentes problématiques séparément, Téhéran insiste pour que tout futur accord avec les États-Unis inclue la cessation des hostilités au Liban.
Le chef de l'armée libanaise est actuellement en mission au Pakistan pour dialoguer avec son homologue, Asim Munir, qui joue un rôle clé dans les négociations entre les États-Unis et l'Iran.
Les points de friction continuent de s'accumuler, selon Héloïse Fayet de l'Institut français des relations internationales (Ifri), qui met en avant le gel des avoirs iraniens à l'étranger, la gestion du stock d'uranium hautement enrichi et le contrôle du détroit d'Ormuz comme étant des enjeux cruciaux non résolus.
Sur ce dernier point, Trump a réaffirmé qu'il ne débloquerait aucun fonds avant un accord, suscitant des préoccupations quant à une éventuelle compensation destinée aux pays du Golfe ciblés par les frappes iraniennes.
La situation reste délicate, y compris dans le domaine sportif. Alors que l'équipe d'Iran a atterri à Tijuana pour son camp de base, des incertitudes demeurent concernant ses déplacements aux États-Unis lors de la phase de groupes de la prochaine compétition internationale.







