L'Iran intensifie ses menaces à l’encontre des intérêts américains et israéliens au Moyen-Orient après une frappe israélienne à Beyrouth, qui a fait deux morts ce dimanche. Cette escalade survient alors que le conflit, débuté le 28 février, entre dans son 100e jour et continue de troubler la stabilité économique mondiale.
Alors que Donald Trump tente de trouver un débouché à cette guerre, jugée impopulaire aux États-Unis, Téhéran revendique avoir infligé un "revers douloureux" à ses ennemis, malgré la perte de plusieurs de ses figures importantes et de nombreuses vies civiles. Selon des sources locales, la frappe de dimanche a également blessé des enfants dans la banlieue sud de Beyrouth, considérée comme un bastion du Hezbollah pro-iranien.
Mohammad Bagher Ghalibaf, négociateur en chef iranien et président du Parlement, a déclaré sur X que le blocus naval imposé à l'Iran et le soutien américain à l'État israélien en font des "cibles légitimes". Les forces armées de Téhéran sont en alerte pour une éventuelle riposte.
Bien que les négociations de paix semblent stagner, un médiateur pakistanais continue d'œuvrer en faveur d'un accord. Le ministre iranien de l'Intérieur, Mohsen Naqvi, a apporté à Téhéran un "message très important" pour le guide suprême Mojtaba Khamenei, sans en révéler les détails. Le processus est qualifié par le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, de "laborieux", critiquant les changements de position de l'administration américaine.
La population iranienne ressent le poids de l’incertitude économique. Un chef cuisinier de 35 ans, Farhad, s'inquiète : "Il semble que nous vivons dans un état suspendu, où la guerre se poursuit sans réelle solution." De son côté, Elaheh, une coach sportive, témoigne des sacrifices quotidiens dus à une inflation galopante.
Les hostilités s'étaient calmées suite à une trêve le 8 avril, mais ont repris récemment, notamment autour du détroit d'Ormuz. Dans un contexte de tensions croissantes, l'armée américaine a abattu deux drones iraniens menaçant le trafic maritime international.
En réponse à l'attaque israélienne, l'armée libanaise a également tiré des projectiles vers Israël, malgré un cessez-le-feu en théorie en place. La position de Téhéran, rappelée par le porte-parole de la Commission de la sécurité nationale, d'imposer une réponse ferme et douloureuse montre qu'aucun répit n'est à l'horizon.
Dans ce climat de tension, Donald Trump a suggéré à Israël d'envisager des frappes chirurgicales contre le Hezbollah. Les États-Unis semblent adopter une approche distincte de l'Iran, mais ce dernier a clairement signalé qu'aucun accord ne serait atteint sans un règlement de la situation au Liban.
Les discussions sur les avoirs iraniens, gelés à l'étranger, et le contrôle du détroit d'Ormuz, demeurent des points de friction majeurs, comme l'explique Héloïse Fayet de l'Institut français des relations internationales. Elle prévoit un "enlisement du conflit" et rappelle que la délivrance des avoirs est conditionnée à un accord global.
Alors que le climat diplomatique se détériore, la tension gagne également le domaine sportif, avec des incertitudes concernant l'entrée de l'équipe iranienne aux États-Unis pour un tournoi de football. Les pensées des Iraniens restent tournées vers la résolution des conflits qui les affectent directement.







