Dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), une nouvelle épidémie d'Ebola menace des millions de déplacés. "Si Ebola arrive ici, nous serons exterminés", déclare Dorcas Mapenzi, résidente d'un camp de fortune à Kigonze, alors que la situation devient de plus en plus préoccupante.
D'après les autorités sanitaires, l'épidémie, qui a débuté le 15 mai, a déjà engendré plus de 1 000 cas suspects et 246 décès en seulement quelques mois. Ce foyer se situe dans la province d'Ituri, où près d'un million de déplacés vivent dans des conditions précaires.
Les conditions de vie dans ces camps sont alarmantes. Les déplacés, entassés dans des abris de bâches, craignent que la proximité amène une contamination massive. "Nous n'avons pas d'hygiène, nos enfants jouent près des toilettes", confie Déborah Nzale, mère de famille vivant avec neuf autres personnes dans un espace de trois mètres carrés.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que la réponse sanitaire à l'épidémie est compromise par le contexte de conflit. Tedros Adhanom Ghebreyesus a ainsi noté que le choc entre la maladie et les violences compromet fortement les interventions sanitaires. À Kigonze, plus de 25 000 personnes vivent actuellement, et aucune n'a encore contracté le virus, mais l'inquiétude est palpable.
"Ebola tue réellement", rappelle Budjo Amos. Les déplacés n'ont reçu aucun matériel de protection et n'ont accès qu'à un unique forage d'eau, disponible seulement quelques heures par jour. "Il faut urgemment que l'État intervienne", s'inquiète-t-il.
Les autorités congolaises sont sous le feu des critiques pour leur lente réaction face à cette épidémie, alors que plusieurs hôpitaux manquent encore d'équipements essentiels. Le Lieutenant Général Johnny Luboya Nkashama, gouverneur militaire de la province, exhorte à un déploiement rapide de matériel médical et de professionnels de santé.
Le ministre de la Santé a récemment effectué une visite à Bunia, alors que la région connaît une crise humanitaire sans précédent. Les experts soulignent que le décalage entre les premières infections et la déclaration de l'épidémie augmente les risques pour les populations vulnérables.







