Marinel Garciano, originaire des Philippines, fait face à un hiver glacial à Ilulissat, mais sa motivation est claire : offrir un avenir meilleur à ses enfants.
Avec sa famille, elle fait partie de la première communauté philippine de ce territoire danois, regroupant environ 1.200 membres dans une population totale de 57.000 habitants.
"On cherche simplement un futur plus radieux", déclare-t-elle en observant le blizzard à travers la fenêtre.
Chaque hiver, Ilulissat se couvre d'un manteau neigeux, avec ses paysages spectaculaires au cœur du cercle polaire.
Marinel, au sourire éclatant malgré la fatigue, fait une pause au café Nuka où son mari, Owie, travaille. Celui-ci a quitté les Philippines en 2012 pour répondre à l'appel d'un emploi de cuisinier dans ce coin extrême du monde.
La famille s'est réunie en 2021 pour profiter de l'essor touristique de la ville. "C'est comme si je m'étais téléportée", raconte Marinel, se remémorant les forêts tropicales qu'elle a laissées derrière elle.
Cette mère dévouée jongle entre plusieurs emplois pour assurer l'avenir de ses enfants, investissant chaque centime dans l'immobilier. "Je ne souhaite pas qu'ils grandissent comme moi", souligne-t-elle, faisant référence aux incertitudes de la vie aux Philippines.
Le quotidien est exigeant : ne sachant pas combien de temps leurs visas seront valides, Marinel est déterminée à utiliser chaque minute pour travailler dur.
"Un bon travail ici garantit un avenir", déclare-t-elle, tout en surveillant de près les dépenses familiales.
Le lendemain matin, elle aide des amies philippines dans le ménage du nouvel aéroport de la ville à l'approche de son ouverture en octobre.
- Un besoin urgent de main-d'œuvre -
Dans l'ombre, l'hôtel Best Western bat son plein. Les équipes, composées à 25 % d'étrangers, œuvrent sans relâche. Arnarissoq Møller, la directrice, affirme : "Nous aimerions engager des locaux, mais c'est un défi. Sans nos employés internationaux, nous ne pourrions pas maintenir le niveau de qualité requis."
chaque année, 50.000 touristes visitent Ilulissat, mais la ville de 5.000 habitants peine à trouver la main-d'œuvre nécessaire xmlns:svg="http://www.w3.org/2000/svg">
Selon des représentants du patronat groenlandais, 5 à 6 % des travailleurs sont désormais d'origine asiatique, attirés par un marché en pleine expansion.
Bien que leur contribution soit cruciale, les Philippins se heurtent parfois à des préjugés. Marinel confie avoir ressenti des tensions, des regards insistants, parfois même des cris tels que "rentrez chez vous". "Comme partout, nous devons nous intégrer, mais cela représente un défi", dit-elle tout en menant une vie multilingue au quotidien.
"Mes enfants doivent maitriser plusieurs langues", ajoute-t-elle, en regardant sa petite fille, Neliowi, qui suit des dessins animés en anglais.
Parlant de bonheur, Marinel hésite, mais reprend avec détermination : "Je sais que mes enfants n'auront pas à subir la même pauvreté que moi." Malgré un désir de retour aux Philippines avant ses 40 ans, elle se concentre sur la vie ici, essayant de se réconforter devant la dureté de l'environnement.
Alors que le jour se termine et que les touristes quittent le café, le blizzard continue de ravager. Marinel enfile son manteau épais, se remémorant les plages et la chaleur de son pays natal, alors que son mari, épuisé, revient de la cuisine pour une brève pause.
Dans ce coin du monde isolé, la diaspora philippine continue de contribuer à une vie pleine de promesses, apportant une touche d'exotisme culinaire et culturel au quotidien d'Ilulissat.







