Martin Ney, ancien moniteur de vacances et récidiviste, se retrouve face à la justice à Nantes pour le meurtre du petit Jonathan, 10 ans.
Âgé de 55 ans, Martin Ney a déjà été condamné à la réclusion à perpétuité en Allemagne en 2012 pour le meurtre de trois jeunes garçons entre 1992 et 2001, ainsi que pour divers crimes sexuels, souvent perpétrés sous les couvertures de camps de vacances. Depuis le 19 mai 2026, il est jugé par la cour d'assises de Loire-Atlantique pour le meurtre de Jonathan Coulom, disparu en avril 2004 à Saint-Brévin-les-Pins.
Les atrocités qu'il a commises le long de sa vie, de Brême aux centres de vacances français, laissent entrevoir une personnalité complexe. Ce procès, rehaussé par des récits troublants de l’accusé, n’évoque pas seulement la tragique disparition de Jonathan, mais aussi une série d’agressions entourant Ney. Son passé de moniteur, alors qu'il a déclaré avoir ressenti une attirance pour les enfants dès l’âge de 16 ans, inquiète profondément le public.
Un homme caché derrière son silence
Martin Ney s’est décrit comme un individu solitaire et renfermé, n'ayant jamais eu de véritables relations amoureuses. Son frère a d’ailleurs évoqué une tendance à ne rien dévoiler de son passé. En tant que famille d’accueil à partir de 1996 pour un adolescent, il a déclaré avoir partagé son lit sans passer à l’acte, mais sa crédibilité est remise en question par les nombreux témoignages d'abus.
Après avoir déménagé à Hambourg en 2000, Ney a travaillé dans un foyer pour mineurs où l’un des enfants a évoqué des agressions sexuelles durant son adolescence. Lors de l'audience, Ney a évoqué ces événements comme des relations consenties, une réflexion qui suscite un grand malaise.
Une mère en quête de vérité
Le corps de Jonathan a été découvert en mai 2004 dans un étang, pesé sous un parpaing. Les résultats de l’autopsie restent flous quant à la nature des violences subies par l'enfant. Dans la salle d’audience, la mère de Jonathan, représentée par Me Catherine Salsac, attend désespérément des aveux de l’accusé.
La dynamique du procès a également pris un tournant en 2017 avec les révélations d'un ancien codétenu, renforçant les soupçons autour de Ney. Des témoins ont également rapporté avoir vu un individu conduisant une berline allemande il y a des années, en lien avec la disparition de Jonathan.
Le verdict de cette affaire, hautement médiatisée et profondément émouvante, est anticipé pour le 5 juin, après 13 jours d’audience émotionnellement chargée.
Avec AFP







