Mercredi, Charles III a prononcé le traditionnel discours du trône à Westminster, énonçant les priorités législatives du gouvernement travailliste. Ce rituel officiel contraste fortement avec les turbulences entourant la position de Keir Starmer, le Premier ministre britannique, dont l'avenir est aujourd'hui en péril.
Cet évènement phare de la vie politique britannique marque l'ouverture d'une nouvelle session parlementaire, mais de nombreux doutes subsistent quant à la capacité de Starmer à maintenir son poste à Downing Street, surtout dans un contexte incertain.
Moins d'une heure avant le discours, le quotidien Times a rapporté que Wes Streeting, le ministre de la Santé et un des principaux rivaux de Starmer, envisageait de démissionner pour se lancer dans la course à sa succession. La courte rencontre entre Starmer et Streeting, d'une vingtaine de minutes, n'a pas permis d'apaiser les tensions.
Le discours du trône, une cérémonie grandiose jalonnée de rituels, survient après une semaine chaotique pour le leader travailliste. En effet, 86 députés du Labour ont appelé à sa démission suite aux résultats déplorables des élections locales de la semaine passée. Quatre secrétaires d’État ont également quitté leurs fonctions en signe de défiance.
En plus de cela, les syndicats, traditionnellement alliés du parti, ont décidé de retirer leur soutien, affirmant que « le Labour ne peut continuer sur ce chemin » et insistant sur la nécessité de préparer l'élection d'un nouveau leader.
Keir Starmer a cependant maintenu sa volonté de gouverner, soutenu par plus de 110 députés qui lui ont exprimé leur confiance, affirmant que le moment n’était pas propice à une remise en question de sa direction.
Lors de son discours, Starmer a déclaré que le Royaume-Uni se trouvait à un moment charnière : « soit nous avançons avec un plan pour construire un pays plus fort et plus juste, soit nous sombrons à nouveau dans le chaos ». Il a également évoqué l'instabilité mondiale, citant le conflit au Moyen-Orient comme un exemple récent des dangers auxquels le pays est confronté.
Le discours a permis de dévoiler plus de 35 projets de loi, couvrant des sujets variés tels que la nationalisation de British Steel, les énergies renouvelables et un rapprochement avec l'Union européenne. D'autres propositions promettent d'abaisser l'âge du droit de vote à 16 ans et de réformer le système d'asile, au moment où le nombre de migrants ayant traversé la Manche dépasse les 200 000 depuis 2018.
Malheureusement, la plupart de ces mesures avaient déjà été annoncées auparavant, ne laissant apparaitre aucune nouveauté significative.
En tant que monarque, Charles III a respecté une stricte neutralité politique, s'exprimant pour la troisième fois depuis son accession au trône en septembre 2022. Il a pris place sur un trône doré dans la Chambre des Lords, Flanqué de son épouse Camilla, dans un rituel empreint de traditions séculaires. Avant son arrivée, des gardes royaux avaient même inspecté les caves à la recherche d'éventuels explosifs, un rappel de la conspiration manquée de 1605.







