Dans un contexte politique tumultueux, le gouvernement du Premier ministre britannique Keir Starmer se prépare à présenter ses priorités législatives lors du discours du trône, convenu pour mercredi, et prononcé par le roi Charles III à Westminster lors d'une cérémonie solennelle.
Cet événement, marquant le début d'une nouvelle session parlementaire, est l'occasion pour le gouvernement d'exposer les projets de loi qu'il souhaite mettre en avant durant l'année à venir.
La préparation à ce discours survient après une série de turbulences au sein du parti travailliste, où 86 députés ont appelé à la démission de Starmer suite à des résultats désastreux lors des élections locales. Quatre secrétaires d'État ont déjà quitté leur poste en un signe de défiance significatif.
Ce mardi, Starmer a eu une rencontre à Downing Street avec Wes Streeting, ministre de la Santé et possible rival, mais peu d'informations ont filtré de cette discussion. En outre, des syndicats travaillistes, révélant leur lassitude, ont publiquement retiré leur soutien au leader, déclarant que le Labour « ne pouvait pas continuer sur cette voie ». Ils appellent à réfléchir à un plan pour l'élection d'un nouveau leader.
Malgré ce climat tendu, mercredi pourrait marquer une pause dans les hostilités par respect pour le discours royal. Plus de 100 députés ont manifesté leur soutien à Starmer dans une lettre, affirmant qu'il était « inopportun d'engager une contestation de la direction » en ce moment critique.
Starmer, soulignant l'importance de l'heure, a déclaré que le Royaume-Uni se trouvait à un tournant décisif : « Nous devons avancer avec un plan pour construire un pays plus fort et plus juste, ou alors nous reviendrons au chaos du passé. » Son cabinet a également exprimé des préoccupations sur la volatilité actuelle du monde, citant les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine comme des menaces à la stabilité du Royaume-Uni.
Ce discours, le troisième du roi Charles III depuis sa montée sur le trône, sera prononcé dans la Chambre des Lords, accompagnée de rituels traditionnels, y compris son arrivée en carrosse doré. En tant que monarque, Charles III doit rester politiquement neutre, mais son discours abordera une série de sujets cruciaux.
Plus de 35 projets de loi doivent être présentés, allant de la nationalisation de British Steel à des mesures concernant l'immigration, en passant par des initiatives pour les énergies vertes. Parmi les projets discutés, le gouvernement souhaite limiter l'application de la Convention européenne des droits de l'homme pour faciliter les expulsions, un sujet déjà touché par la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood.
Ce discours, en plus d'articuler les priorités législatives, perpétue des traditions historiques, dont celles qui impliquent des gardes royaux fouillant le palais de Westminster. Ces mesures précautionneuses remontent à la conspiration manquée de Guy Fawkes en 1605. En attendant l'arrivée du roi, un député est retenu au palais de Buckingham comme garantie de son retour sécurisé.







