Au Royaume-Uni, la situation s’aggrave pour Keir Starmer, Premier ministre du Parti travailliste. Les appels à sa démission se sont intensifiés lundi, illustrant un mécontentement croissant au sein de son parti à la suite de sa lourde défaite électorale lors des dernières élections locales.
Des membres de son cabinet, dont la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood et la cheffe de la diplomatie Yvette Cooper, ont ouvertement demandé un calendrier pour son départ, rapportent plusieurs médias britanniques, y compris le Guardian et Sky News.
Des voix dissonantes au sein du Labour
Ce lundi, au moins 70 députés du Labour, sur un total de 403, ont signifié leur souhait de voir Keir Starmer quitter ses fonctions. Malgré un discours prononcé le matin pour tenter de rassurer ses troupes, son message n’a pas réussi à calmer les tensions.
« Je comprends la frustration des électeurs face à la situation en Grande-Bretagne. Certains sont déçus de moi », a reconnu Starmer, qui avait conduit le Labour au pouvoir en 2024 après une longue période de gouvernements conservateurs. « Je suis déterminé à prouver qu’ils ont tort de douter de moi », a-t-il ajouté.
Quatre assistants de ministres ont démissionné lundi, parmi eux Melanie Ward, assistante du vice-Premier ministre David Lammy. Elle a fait savoir via X qu'il était évident que le Premier ministre avait perdu la confiance du public et a appelé à une désignation rapide de son successeur.
Une économie en difficulté
Depuis son accession au pouvoir, la popularité de Keir Starmer a connu une chute vertigineuse, exacerbée par une économie stagnante et une hausse du coût de la vie, aggravée par la guerre au Moyen-Orient. Ses adversaires soulignent de nombreux faux pas et controverses, notamment la nomination du controversé Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington.
Le mécontentement s’est intensifié après les élections locales qui ont vu le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage progresser dans les bastions historiques des travaillistes dans le nord de l'Angleterre et au pays de Galles. De plus, les Verts, positionnés plus à gauche, ont capté des voix à Londres.
Keir Starmer a réaffirmé lundi son engagement à rester au pouvoir pour compléter le travail pour lequel il a été élu en 2024. Il a averti que le parti ne pourrait pas se permettre le « chaos » d'un précédent gouvernement conservateur, où trois Premiers ministres se seraient succédé en seulement quatre mois en 2022.







