« Au Conseil de sécurité, une injustice historique persiste en refusant à l’Afrique des sièges permanents », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors d'une récente conférence au Kenya. Ce discours a eu lieu alors qu'une vingtaine de ministres d'Afrique se sont réunis pour discuter de ce sujet crucial avec les chefs de la diplomatie de la France et du Kenya.
L'ONU doit impérativement être réformée pour accroître la représentation de l’Afrique, a soutenu Guterres. Si ce dernier a souvent plaidé pour une meilleure représentation de l'Afrique au sein de l'organisation, il reconnaît que des progrès restent à faire, car cela dépendrait de l'acceptation par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) de réduire leur propre pouvoir.
« Nous avons besoin de réformes plus profondes des institutions mondiales qui reflètent le monde d’aujourd’hui, et non celui d’il y a 80 ans », a-t-il affirmé. « Cette réforme est vitale pour garantir la paix actuellement difficile à maintenir », a-t-il ajouté lors de la conférence. Guterres a noté des avancées, comme les initiatives du Royaume-Uni et de la France pour restreindre l'utilisation du droit de veto dans des situations extrêmes, telles que les génocides.
Interrogé par l'AFP sur les chances d'une réforme rapide du Conseil de sécurité, il a déclaré que cela serait « difficile », bien qu’il ait exprimé un certain optimisme concernant les efforts en cours.
Le secrétaire général, actuellement au Kenya pour inaugurer de nouveaux bâtiments de l’ONU, a également souligné l'importance de transférer les opérations d'autres pays, comme les États-Unis et la Suisse, vers des destinations moins coûteuses, ce qui pourrait réduire les dépenses de l'ONU. Cependant, il a averti que les contributions économiques, notamment de la part des États-Unis, ont été en baisse, ce qui complique la situation financière de l'organisation.
Dans un contexte global complexe, Guterres a insisté sur le besoin de réformes significatives pour faire face aux fractures géopolitiques actuelles, rendant la mission de l’ONU plus difficile que jamais.







