Le Premier ministre travailliste britannique, Keir Starmer, a pris position ce lundi, déterminé à convaincre ses détracteurs qu'ils se trompent à son sujet, à l'issue d'un discours jugé essentiel pour son avenir politique suite à une récente défaite électorale de son parti.
Dans une tentative de revitaliser son mandat, Starmer a soutenu l'idée de "placer le Royaume-Uni au cœur de l'Europe", affirmant que le Brexit avait significativement "appauvri" et "affaibli" le pays.
"Je comprends que la situation actuelle déçoit de nombreuses personnes en Grande-Bretagne, notamment au sein de la politique. Certains d'entre vous nourrissent même des doutes à mon égard," a reconnu le chef du gouvernement.
Il a ajouté : "Je suis conscient que la tâche qui m'attend est de prouver que ces doutes sont infondés, et je m'engage à le faire." Starmer a fait revivre le Parti travailliste en 2024, après 14 années de gouvernements conservateurs, mais sa popularité a sensiblement diminué.
Cette chute est exacerbée par des facteurs tels qu'une économie stagnante et la montée du coût de la vie, exacerbée par des conflits à l'étranger. Ses critiques lui reprochent des faux pas notables, comme la nomination controversée de l'ancien ministre Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington, une situation qui divise de plus en plus son propre parti.
Le mécontentement au sein du Parti travailliste a encore augmenté à la suite des élections locales récentes, où le parti anti-immigration Reform UK, dirigé par Nigel Farage, a gagné des soutiens dans des bastions historiques travaillistes du nord de l'Angleterre et du Pays de Galles. Dans le même temps, les Verts, plus à gauche, lui ont également soutiré des voix à Londres.
Starmer a insisté sur la nécessité d'un changement plus radical en déclarant que "cela nécessite une réponse plus forte". Il a également proposé d'opérer la nationalisation de British Steel, une mesure qui pourrait influencer l’avenir économique du pays.
Nouveau cap
Dix ans après le référendum sur le Brexit, le leader travailliste a souligné l'importance de restaurer des liens solides avec l'UE. "Ce gouvernement sera reconnu pour sa volonté de reconstruire notre relation avec l'Europe, afin que nous soyons plus solides économiquement, commercialement et en termes de défense," a-t-il déclaré.
Il a aussi prévu "de fixer un nouveau cap" pour le pays lors du prochain sommet entre l'UE et le Royaume-Uni, prévu à la fin juin ou début juillet.
Avant les élections municipales, le gouvernement avait déjà commencé à préparer une législation pour favoriser un "alignement dynamique" des normes britanniques sur celles de l'UE, afin d’optimiser les échanges commerciaux.
Dans son discours, Starmer a directement critiqué Nigel Farage, le qualifiant de "profiteur" et d'"opportuniste". Il a également pris position pour empêcher la venue de manifestants d'extrême droite, soutenus par Tommy Robinson, pour une marche prévue ce samedi.
Fractures internes
Suite au discours de Starmer, la députée travailliste Catherine West, qui avait récemment menacé d'organiser une élection interne pour un nouveau leader, a tempéré ses propos. Elle a maintenant signalé qu'elle rassemblait les noms de députés souhaitant que Starmer établisse un calendrier pour une succession d'ici septembre.
Pour que cette démarche aboutisse, il lui faut le soutien de 81 députés, soit 20 % du groupe parlementaire. De récentes rumeurs dans la presse britannique évoquent un potentiel challenge par l'ancienne vice-Première ministre Angela Rayner ou le ministre de la Santé Wes Streeting, bien que ni l'un ni l'autre ne semble réunir le consensus nécessaire au sein du Labour.
Quant à Andy Burnham, le maire du Grand Manchester et figure populaire chez les travaillistes, il n'est pas en mesure de se porter candidat n'ayant pas de siège au Parlement. Pour l'heure, aucun des candidats potentiels n’a ouvertement demandé la démission de Starmer, qui a réitéré son intention de poursuivre sa mission pour laquelle il a été élu en 2024.







