Le Labour dirigé par Keir Starmer a souffert d'une défaite électorale sans précédent lors des récentes élections locales en Grande-Bretagne, perdant même son bastion gallois pour la première fois. Cette élection a également vu un essor inquiétant du parti d'extrême droite Reform UK.
Avant même d'analyser l'ampleur de cette défaite, Starmer a affirmé qu'il n'avait aucune intention de démissionner. En prenant ses fonctions en juillet 2024 avec une majorité écrasante, il a maintenant reconnu son devoir de "prendre la responsabilité" des résultats qualifiés de "très difficiles" tout en réaffirmant son engagement à réaliser les réformes promises. "Je ne vais pas partir et créer le chaos", a-t-il déclaré.
Le Labour, qui dirigeait le Parlement gallois depuis sa création en 1999, n'a réussi à conserver que neuf sièges, selon des résultats rapportés par la BBC. Le parti nationaliste gallois Plaid Cymru a pris les devants avec 43 sièges, tandis que Reform, mené par Nigel Farage, en a gagné 34 dans un contexte où l'inflation et la crise économique affligent le pays.
Les résultats en Angleterre montrent également une percée significative de Reform, qui a remporté 1.079 sièges, tandis que le Labour en a chuté à 688, perdant ainsi 911 sièges. Des bastions historiques tels que Sunderland sont désormais sous le contrôle de Reform.
En Écosse, les travaillistes se retrouvent en quatrième position, loin derrière le SNP, qui conserve 55 sièges, sans pour autant bénéficier d'une majorité suffisante.
La popularité en berne de Starmer, exacerbée par la crise du coût de la vie liée à des événements géopolitiques, souligne les défis qu’il doit surmonter. Ses détracteurs citent des erreurs multiples, y compris la nomination controversée de Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis, qui a suscité des appels à sa démission de la part de certains membres du parti.
Eluned Morgan, la cheffe du Labour gallois récemment évincée, a demandé un changement de direction au sein du gouvernement. Certains ministres, comme le vice-Premier ministre David Lammy, ont renforcé leur soutien à Starmer, arguant qu'il est imprudent de remplacer un leader dans une telle situation. Cependant, d'autres estiment que le manque de changements tangibles met en péril sa capacité à mener le Labour lors des prochaines élections, comme le souligne Louise Haigh, ancienne ministre.
Les experts évoquent des pressions croissantes sur Starmer pour qu'il se retire, comme l'indique Tim Bale, professeur de sciences politiques à la Queen University de Londres, tout en notant qu'un manque de successeur évident pourrait lui offrir un répit temporaire.
Au cœur de Londres, des commentateurs comme Ben Newmann pointent du doigt l'inefficacité perçue du gouvernement travailliste, tandis que des électeurs affirment que la montée de Reform est un cri de détresse face à des décennies de mécontentement. Christina Bloom, retraitée de Leyburn, considère que Farage a su capter cette indignation envers les deux grands partis.
Reform a progressé dans divers fiefs travaillistes dans le nord de l'Angleterre, prenant le contrôle de plusieurs collectivités, dont des zones historiquement conservatrices.
Le mécontentement populaire, notamment concernant l'immigration clandestine, a clairement favorisé le parti de Farage, qui a exprimé sa satisfaction après ces résultats, promettant de rester présent sur la scène politique britannique.
Les conservateurs, sous la direction de Kemi Badenoch, sont également distancés par les Libéraux-démocrates, ce qui souligne une fragmentation du paysage politique similaire à ce que l'on observe dans d'autres pays européens. Le leader des Verts, Zack Polanski, a même déclaré que le bipartisme est désormais "mort" et qu'une nouvelle ère politique semble émerger.







