Le Royaume-Uni a récemment décidé de suspendre son projet de restitution à l'île Maurice de l'archipel des Chagos, un ensemble d'îles abritant une base militaire conjointe américano-britannique. Cette annonce fait suite à des tensions croissantes entre Londres et Washington, notamment en raison du manque de soutien de l'ancien président américain, Donald Trump.
Initialement, un accord pour transférer ces 55 îles, dont trois sont habituellement peuplées, avait été signé par le Royaume-Uni en mai 2025. Cet accord, bien qu'accueilli positivement par Washington, avait été critiqué par Trump, le qualifiant de "grande stupidité" en janvier dernier. La question de la souveraineté britannique sur cette région, disputée depuis l'éviction de ses habitants en 1965 pour établir une base militaire, est au cœur des tensions.
Une détermination inébranlable
Face à cette suspension, le ministre mauricien des Affaires étrangères, Dhananjay Ramful, a exprimé la volonté de son pays de ne pas relâcher ses efforts pour obtenir la restitution de l'archipel. "Nous ne ménagerons aucun effort pour emprunter toutes les voies diplomatiques ou juridiques nécessaires à l'achèvement de ce processus de décolonisation dans l'océan Indien", a-t-il affirmé lors d'une récente conférence. Il a souligné que cela représente "une question de justice" pour le peuple mauricien.
Un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer a indiqué que même si l'accord de 2025 était jugé vital pour la sécurisation à long terme de la base militaire de Diego Garcia, l'avance du dossier dépendait largement du soutien américain.
Relations anglo-américaines en jeu
De son côté, le ministre mauricien de la Justice, Gavin Glover, a noté que la décision anglaise n'était pas vraiment surprenante, attribut au froid relationnel entre Keir Starmer et Donald Trump. "Nous sommes tributaires des relations entre le Royaume-Uni et les États-Unis... Un consensus doit être atteint entre ces deux puissances", a-t-il déclaré à un média local. Par ailleurs, une réunion est prévue entre les autorités mauriciennes et britanniques le 22 avril pour discuter de l'avenir de l'accord sur les Chagos.







