Au cœur des conflits au Moyen-Orient, la situation du détroit d'Ormuz est emblématique de l'impasse américaine et des tensions énergétiques mondiales. Ce passage stratégique, sous le contrôle strict de l'Iran, ne laisse échapper les navires qu'avec parcimonie, souvent en échange de paiements conséquents. Quel type de navires réussit à y circuler ? Une enquête menée par France Télévisions en livre les clés.
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Depuis le début des hostilités, le détroit d'Ormuz est devenu le point névralgique de la résistance face aux interventions américaines. La situation reste tendue : "Des négociations sont en cours, nous espérons qu'il sera rapidement rouvert", a affirmé Donald Trump lors d'une récente allocution.
Ce détroit, véritable atout géostratégique pour l'Iran, voit actuellement 670 bateaux bloqués en attente de passage, dont quatre battent pavillon français. Une trentaine de navires appartiennent à des entreprises françaises. Récemment, le porte-conteneurs Kribi, affrété par CMA CGM, a réussi à traverser. Avant d'entrer dans les eaux iraniennes, il a diffusé le message : "propriétaire français". Ce détail sur la nationalité a-t-il joué un rôle dans l'obtention de son autorisation de passage ? CMA CGM n’a pas souhaité se prononcer sur ce point.
Durant la dernière semaine, 89 autres navires ont emprunté des routes similaires, incluant des bateaux chinois, pakistanais et turcs, jugés non hostiles par Téhéran. "Ces vaisseaux transportent principalement du pétrole iranien et des cargaisons destinées à la Chine", explique Patrice Geoffron, professeur d'économie et directeur du Centre de Géopolitique de l'Energie et des Matières Premières (CGEMP).
Un droit de péage ?
Pour franchir le détroit, certains navires auraient négocié un droit de passage, dont le montant oscillerait entre 1 et 2% de la valeur de la cargaison, pouvant aller jusqu'à 2 millions d'euros pour un grand pétrolier. Par cette méthode, l'Iran maintient une pression constante : "Sa stratégie est de démontrer jusqu'où il est prêt à aller, élargissant ainsi les enjeux du conflit", explique Julia Tasse, responsable du programme océan et fonds marins à l'IRIS.
En continuant à restreindre l'accès au détroit, l'Iran parvient à déstabiliser l'économie mondiale, tandis que les menaces de Donald Trump semblent avoir peu de répercussions sur la détermination du régime iranien.







