Mercredi dernier, un impressionnant cortège de milliers de militants autochtones a défilé à Brasilia, appelant le gouvernement de Luiz Inacio Lula da Silva à accélérer la reconnaissance de leurs terres ancestrales en cette période électorale, à seulement six mois des élections présidentielles.
Vêtus de colorées coiffes de plumes et ornés de peintures traditionnelles, ils sont réunis jusqu'à vendredi pour le Campement Terre libre, un événement qui se déroule chaque année depuis 2004, mêlant débats, activités culturelles et manifestations.
Le défilé de mardi, animé par des chants et danses traditionnelles, a mené cette foule jusqu’aux portes du Parlement, dominé par une majorité conservatrice et fortement influencé par l’agro-industrie. Des manifestants ont levé des portraits du cacique Raoni Metuktire, symbole mondial de la défense de l'Amazonie.
Luiz Inacio Lula da Silva, qui vise un quatrième mandat en octobre prochain, bénéficie d’un soutien important des peuples indigènes, ayant été élu en 2022 face à Jair Bolsonaro, son prédécesseur d’extrême droite. Ce dernier, durant son mandat, avait promis de « n’accorder aucun centimètre » de terre aux autochtones, entraînant une augmentation significative de la déforestation en Amazonie.
Depuis le retour de Lula au pouvoir en 2023, la situation a évolué avec une baisse notable de la déforestation, l’homologation de 20 réserves indigènes, et la création d’un ministère à part entière dédié à la cause autochtone. Néanmoins, des leaders autochtones, comme Iracana Wassu-Cocal, viennent de l'État de Sao Paulo, soulignent que cela reste insuffisant. "Nous demandons toujours l'homologation des terres," déclare-t-elle à l'AFP.
Cette cacique, portant une majestueuse coiffe de plumes bleues, exprime aussi sa préoccupation face à la pollution des cours d'eau, aggraver par l'orpaillage illégal. Les experts s’accordent à dire que les réserves indigènes sont essentielles dans la lutte contre le réchauffement climatique, agissant comme des bastions contre la déforestation.
Récemment, le Parlement a adopté une loi drastiquement limitative sur le droit à la terre des indigènes, bien que cette législation ait été annulée par la Cour suprême, le lobby agro-négociant continue de faire pression pour son inscription dans la Constitution.
Le Brésil, premier pays d'Amérique latine, abrite 1,7 million d'indigènes parmi une population totale de 212 millions d'habitants. Marilene Gervasio, du peuple Baré, dont les terres ancestrales en Amazonie ont été homologuées, appelle à des « moyens supplémentaires » pour sa communauté, tout en espérant une réélection de Lula. Selon les derniers sondages, le président de gauche est au coude à coude avec Flavio Bolsonaro, fils de son prédécesseur.







