"Les frais engagés sont énormes, certaines personnes ont fait des emprunts pour pouvoir suivre le procès," déplore Manon Lemoine, porte-parole du collectif de victimes. Huit mois après la conclusion du procès de Joël Le Scouarnec, de nombreux plaignants sont encore dans l'incertitude financière. Ce dernier a été condamné en mai dernier à vingt ans de réclusion criminelle pour des viols et agressions sur 299 victimes.
Gabriel, qui a subi des abus dans sa jeunesse, a avancé tous les frais du procès, malgré des défis financiers importants. "Je vis à l’euro près," a-t-il révélé à franceinfo. Le coût des trajets et des repas a nécessité des dépenses considérables, atteignant plusieurs milliers d'euros, alors qu'il venait d'être licencié.
Manon Lemoine précise que "la situation est inquiétante pour une trentaine de victimes", qui attendent toujours leurs remboursements. Pour obtenir un traitement plus rapide, elle a fait appel à la Délégation interministérielle à l'aide aux victimes (DIAV) pour traiter chaque dossier. Ces remboursements doivent être distingués des indemnisations pour préjudice, qui font l'objet d'un autre volet judiciaire.
La cour d'appel compte "25 dossiers en attente"
"Ce cas illustre les failles du système judiciaire actuel," pointe Manon Lemoine. Son expérience avec l'administration a révélé des délais d'attente et un manque évident de ressources humaines, rendant difficile le suivi des dossiers. "Nos mails se perdent, personne ne répond aux appels," s'indigne-t-elle.
Selon la cour d'appel de Rennes, "environ 150 dossiers ont déjà été réglés, totalisant près de 120 000 euros." Cependant, "25 dossiers sont en attente," et des efforts sont en cours pour les traiter rapidement.
Une procédure comparée aux "Douze travaux d'Astérix"
Les victimes évoquent une complexité administrative qui évoque les "Douze travaux d'Astérix," décrivant une procédure en six étapes qu'elles jugent laborieuse. Gwen, éducatrice spécialisée, espère un remboursement rapide de 1 742 euros qu'elle a avancés pour tâches liées au procès. "Je compte sur cet argent, surtout par rapport aux frais récents," confie-t-elle, affirmant avoir fourni toutes les pièces nécessaires pour faciliter le remboursement.







