C'est un témoin particulièrement attendu qu'a entendu la cour d'assises de Loire-Atlantique ce lundi 1er juin, à Nantes, dans le cadre de l'affaire Jonathan Coulom. Martin Ney, un Allemand de 55 ans, principal suspect du meurtre de l'enfant de 10 ans, clame son innocence depuis le début des débats.
Ce dossier, complexe et sans preuves matérielles tangibles, repose essentiellement sur des témoignages, dont celui de Mario Tilly, un codétenu de Ney. Ce dernier a été longuement auditionné, révélant des éléments troublants. Selon Tilly, Ney lui aurait confessé avoir agi en France, en évoquant un crime commis sur un enfant. En réponse, Ney qualifie ces révélations de « mensonges » et dénonce la crédibilité de son codétenu, affirmant : « la police n'a rien contre lui, aucune preuve ».
Des éléments de l’enquête, notamment le témoignage d'un agriculteur de Saint-Molf en 2008, n’ont jamais été portés à la connaissance du public jusqu'à présent. Ce dernier a rapporté avoir vu un homme et son chien à proximité du lieu de disparition de Jonathan. Lors de son audition, la présidente de la cour souligne la solidité de ce témoignage, tandis que Ney le relègue au rang de « coïncidence ».
Un codétenu avec un passé trouble
Bien que Tilly ait été précédemment condamné pour dénonciations mensongères, il insiste sur sa sincérité face à la gravité des accusations. « Je n'ai aucun intérêt à mentir », déclare-t-il, tout en reconnaissant avoir souffert de conséquences hostiles en prison à la suite de ses révélations.
De son côté, Ney laisse entendre que ce témoignage relève de la vengeance personnelle, arguant que Tilly avait des sentiments pour lui. Ce dernier dément toute relation de ce type, qualifiant Ney de « manipulateur ».
Un verdict imminent
Alors que le procès touche à sa fin, les experts psychiatriques doivent encore intervenir, apportant une dimension supplémentaire à une affaire déjà complexe. Ney, décrit comme intelligent et organisé, maintient son innocence et encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu ce jeudi 4 juin.
Jonathan Coulom, enlevé dans un cadre scolaire le 7 avril 2004, a été retrouvé sans vie plusieurs semaines plus tard, marquant une tragédie qui continue de hanter les mémoires en France.







