Le tribunal correctionnel de Marseille a rendu un verdict ce lundi 1er juin, condamnant deux représentants de la CGT du Grand port maritime à douze mois de prison avec sursis et trois ans d'inéligibilité. Ces condamnations font suite à leur implication dans le détournement de plus de 260 000 euros destinés au comité d'entreprise entre 2014 et 2018.
264 833 euros de fonds détournés
Les syndicalistes ont été jugés pour "abus de confiance". En plus de leur peine de prison, ils ont écopé d'une amende de 5 000 euros, tandis que 3 000 euros supplémentaires leur ont été imposés séparément. Henri Labi, avocat d'une des parties civiles, a décrit ces infractions comme ayant une "gravité exceptionnelle", soulignant qu'elles constituent un véritable "coup de tonnerre" au sein de la CGT.
Selon les autorités judiciaires, la mise en lumière de ces détournements a été en grande partie grâce à un rapport de la Cour des comptes. Les accusés, Pascal Galéoté et Bernard Cristalli, ont utilisé 264 833 euros pour des dépenses qui auraient dû bénéficier à l'ensemble des employés, finançant des activités culturelles et sociales. La justice a noté que ces détournements ont été réalisés collégialement par les deux hommes.
"On n'est pas dans une petite tricherie, on est dans un système organisé"
Les juges ont identifié des dépenses abusives telles que des frais de restauration, de transport, ainsi que des outils bureautiques, allant jusqu'à l'acquisition de plusieurs ordinateurs, téléphones portables et autres appareils coûteux. Les fonds ont été mal utilisés pour des sorties de groupe injustifiées, avec certains frais dépassant les 98 000 euros dans des restaurants éloignés du port.
"On n'est pas dans une petite tricherie, on est dans un système organisé," a déclaré Me Labi, représentant du syndicat des cadres Spicpam. Il a également recommandé une vigilance accrue de la direction du port, qui n’a pas choisi de se constituer partie civile dans cette affaire. "La balle est désormais dans leur camp : gérer la situation et répondre aux attentes des salariés."
Les condamnations revêtent un enjeu particulier pour la crédibilité de la CGT, une institution déjà marquée par des luttes internes et des controverses. Le parquet a été salué pour avoir ouvert cette enquête malgré les potentiels enjeux politiques.







