Les répercussions de l'affaire Joël Le Scouarnec continuent de faire couler beaucoup d'encre. Récemment, l'actuel et l'ancien président de l'Ordre des médecins du Finistère ont été pris dans une procédure disciplinaire, une décision confirmée par l'AFP. Cette opération fait suite à une plainte déposée par l'association L'Enfant Bleu, qui a été à l'origine de cette investigation.
Jean-Christophe Boyer, l’avocat représentant l’association, a exprimé des craintes quant aux manquements éthiques entourant la gestion du dossier Le Scouarnec, qualifiant la situation de « graves violations aux obligations déontologiques ». Les deux responsables seront donc appelés à se justifier devant la chambre disciplinaire de Bretagne, tandis qu'un troisième médecin impliqué est décédé récemment.
La tragédie Le Scouarnec a révélé des abus d'une gravité alarmante : condamné pour des violences sexuelles sur un nombre étonnant de victimes, dont des mineurs, l'ex-chirurgien a déjà connu une première condamnation, bien avant sa peine actuelle de 20 ans de réclusion. Malgré cela, il a exercé son métier sans entrave jusqu'à son arrestation en 2017, bien connu du Conseil de l'Ordre, qui a pourtant décidé d'ignorer son cas.
Dans cette situation explosive, l’Ordre des médecins du Finistère a voté contre l'idée que la consultation d'images pornographiques mettant en scène des enfants constitue une atteinte à la déontologie médicale. Ce refus soulève des questions sur les mentalités en vigueur, un point que Me Boyer souligne : « La véritable prévention des récidives passe aussi par un changement fondamental des règlements et des mentalités. »
Contacté par l'AFP, le Conseil national de l'Ordre des médecins a choisi de ne pas commenter, tandis que les deux praticiens en question n'ont pas pu être joints. En juillet 2025, le parquet de Lorient a également lancé une enquête pour examiner les éventuelles abstentions volontaires de prévenir des crimes graves, révélant la profondeur des enjeux en jeu dans cette affaire.







