Un récent rapport de franceinfo révèle que l'actuel et l'ancien président de l'Ordre des médecins du Finistère ont été appelés à comparaître devant la chambre disciplinaire de Bretagne. Ils sont soupçonnés d'avoir omis leurs responsabilités dans le cadre de l'affaire Joël Le Scouarnec.
Le chirurgien, reconnu coupable en 2025 de viols et d'agressions sexuelles sur 299 victimes, était déjà controversé en 2006 lorsque l'Ordre a été informé de sa condamnation pour détention d'images pédopornographiques. Malgré cela, aucun suivi n'a été effectué, permettant à Le Scouarnec de continuer à exercer.
Critique de l'inaction de l'Ordre des médecins
Dans une lettre du 23 avril, le Conseil national de l'Ordre a annoncé avoir voté à l'unanimité pour traduire ces deux médecins devant la chambre disciplinaire. Cette décision fait suite à trois plaintes déposées par l'association L'Enfant bleu, qui accusent ces responsables d'une "totale inertie" face aux agissements de Le Scouarnec, qui a, par la suite, continué à agresser des patients.
Des témoignages indiquent qu'au cours d'un entretien, lorsque Le Scouarnec a reconnu ses actes, les membres de l'Ordre ont pris des notes indiquant "porno enfant +++" mais n'ont pas agi. Cette inaction est qualifiée de "faute d'une particulière gravité" par l'association.
Appel à une prise de conscience
Jean-Christophe Boyer, avocat de L'Enfant Bleu, a exprimé son espoir de voir cette situation conduire à un changement des mentalités au sein des conseils de l'Ordre. "Nous voulons qu'ils prennent enfin leur rôle au sérieux et qu'ils agissent dans l'intérêt des patients", a-t-il affirmé, soulignant les conséquences dramatiques de cette inaction.
Il est crucial que les organismes de régulation comme l'Ordre des médecins reviennent à leurs obligations éthiques. La situation actuelle démontre non seulement un échec dans la protection des patients, mais également un besoin urgent de révision des protocoles internes.
Des sources indiquent que l'Ordre avait initialement refusé de traiter ces plaintes, considérant que ses membres avaient respecté les normes de l'époque. Cependant, le Conseil national a désigné la nécessité d'une action disciplinaire. Ni l'Ordre des médecins du Finistère ni les deux praticiens concernés n'ont répondu aux demandes de commentaires.







