Le Conseil national de l'Ordre des médecins a engagé une procédure disciplinaire contre l'actuel et l'ancien président de l'Ordre des médecins du Finistère, à la suite de l'affaire troublante impliquant Joël Le Scouarnec. Ce dernier a été reconnu coupable en mai 2025 par la cour criminelle du Morbihan pour avoir abusé sexuellement de plusieurs patients, dont une majorité de mineurs, souvent dans un état d'endormissement, rapportent nos confrères de France info.
Selon Jean-Christophe Boyer, avocat de l’association L'Enfant Bleu, cette procédure vise à clarifier les responsabilités des praticiens en charge de surveiller le dossier du médecin mis en cause. La plainte, déposée en janvier 2025, souligne des oublis graves qui vont à l'encontre des obligations déontologiques requises.
« Les présidents de l'Ordre devront s'expliquer sur leurs choix », a déclaré Me Boyer à l'AFP, soulignant l'importance d'un débat impartial sur leurs décisions. De plus, il a souligné que le troisième médecin mentionné dans cette affaire est décédé récemment, ajoutant une dimension tragique à ce dossier déjà complexe.
Les antécédents de Joël Le Scouarnec sont inquiétants ; en 2005, il avait déjà été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour avoir visualisé des contenus pédopornographiques. Malgré cela, il a continué à pratiquer sans entrave jusqu'à son arrestation en 2017.
Réaction du Conseil de l'Ordre
Le Conseil de l'Ordre des médecins du Finistère, qui avait été informé de la condamnation de Le Scouarnec, se trouve sous le feu des critiques. À une question sur la moralité de consulter des contenus inappropriés, l'Ordre avait voté pour ne pas considérer cela comme un manquement éthique, une décision qui a provoqué l'indignation de nombreux professionnels de la santé.
« L'Ordre a tenté de se défausser de ses responsabilités. Garantir que cela ne se reproduise plus exige des changements en profondeur des mentalités et des règles », a ajouté Me Boyer.
À l’heure actuelle, le Conseil national de l'Ordre des médecins reste silencieux sur ces allégations. Les mesures à venir dépendront des conclusions de cette enquête disciplinaire, dont l'importance ne peut être sous-estimée dans le cadre d'une réflexion plus vaste sur l'intégrité et la sécurité dans le milieu médical.
Cette affaire résonne fortement dans le débat public, soulevant d'importantes questions sur la responsabilité de la profession médicale face à de tels actes. La réponse à ces enjeux pourrait redéfinir les standards de déontologie au sein des soins médicaux en France.







