"Il est impératif qu'une instruction sérieuse soit menée", a déclaré Fabienne Boulin-Burgeat, la fille de Robert Boulin, au micro de Radio France ce mardi, en marge d'une conférence de presse. Cette déclaration intervient après que le parquet de Versailles a annoncé le transfert de l'instruction concernant la mort de l'ancien ministre au pôle des "cold cases" de Nanterre.
Le corps de Robert Boulin, retrouvé en 1979 dans un étang de la forêt de Rambouillet, reste l'un des mystères les plus énigmatiques de la Ve République. Classée initialement comme un suicide, l’enquête a toujours été contestée par sa famille, qui soupçonne un assassinat à caractère politique. "L'instruction initiale était désastreuse", a souligné Fabienne Boulin-Burgeat, ajoutant avec optimisme qu'elle espère que la vérité finira par éclater.
Un nouveau témoin
Didier Seban, l'avocat de Fabienne, a annoncé qu'un nouvel homme se dit prêt à témoigner sur l'affaire. "Il possède des informations cruciales sur ceux qui auraient été impliqués dans la mort de Robert Boulin. Il est essentiel que la justice l'entende", a-t-il déclaré lors d'une intervention médiatique.
L’instruction a récemment acquis un nouveau souffle grâce à un témoignage d’Elio Darmon, un ancien proche du milieu criminel, qui avait fait surface après 40 ans d silence. Bien qu’il soit décédé récemment, il avait raconté avoir été témoin de faits troublants entourant la mort de Robert Boulin, notamment des violences infligées par des membres du Service d'Action Civique (SAC), des représentants du parti gaulliste.
L'avocat Seban appelle également à revérifier les éléments médico-légaux concernant la mort et les écrits qui auraient été laissés par le ministre. Des archives essentielles doivent être déclassifiées et d'autres témoins entendus dans le cadre de cette enquête.
Une information judiciaire pour "arrestation, enlèvement, détention ou séquestration suivis de la mort et assassinat" a été ouverte. Les parquets de Versailles et Nanterre confirment que l'analyse des investigations et les échanges avec Nanterre ont justifié la saisine du pôle national des crimes non élucidés. Le juge d'instruction devra rendre sa décision dans un délai légal allant de huit jours à un mois.







