Le parquet de Paris a ouvert des investigations concernant des injures publiques à caractère raciste proférées à l'encontre de Bally Bagayoko, le nouveau maire LFI de Saint-Denis. Cette décision intervient après des séquences polémiques diffusées sur CNews, qui ont suscité une indignation croissante, incitant le préfet de Seine-Saint-Denis à se constituer partie civile dans cette affaire.
Selon Midi Libre, le parquet a confirmé à l'AFP que l'enquête, ouverte suite à la plainte déposée par l'élu, vise les propos jugés "injurieux en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation ou de la religion".
Bally Bagayoko, en réaction à cette enquête, a déclaré : "C’est une bonne chose, un début; on verra jusqu’où ça ira".
Les polémiques ont pris racine lors de l'émission "100 % politique", diffusée les 27 et 28 mars, où des intervenants, notamment le psychologue Jean Doridot, ont comparé l'élu à un animal, déclenchant un torrent de critiques. Le présentateur Olivier de Kéranflec’h a également laissé entendre que M. Bagayoko tentait de "pousser les limites" de son mandat.
La controverse a été accentuée par le philosophe Michel Onfray qui a accusé le maire de faire preuve d'une attitude de "mâle dominant" après son appel à faire "allégeance" post-élection. Cette propagation d’idées a incité plusieurs responsables politiques et organisations antiracistes à saisir l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel et du numérique, afin qu’un examen minutieux soit effectué sur les déclarations controversées.
Une banalisation inacceptable
En réponse, CNews a fermement contesté toute accusation de racisme, affirmant que les déclarations avaient été "délibrément déformées sur les réseaux sociaux". Michel Onfray, pour sa part, a réagi sur X, dénonçant ce qu'il qualifie de "faux procès".
Le gouvernement a réagi vivement. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié les propos tenus à l'encontre de Bagayoko d’"ignobles" et d’"absolument inacceptables", tandis que Sébastien Lecornu a souligné la nécessité de "combattre la banalisation du mal et du racisme" avec la plus grande fermeté.
Un appel au rassemblement
Bally Bagayoko a profité de la situation pour appeler à un "grand rassemblement" antiraciste organisé devant la mairie de Saint-Denis ce samedi. Il a dénoncé CNews comme une chaîne "raciste" et a exigé que l'Arcom soit "beaucoup plus sévère" envers cette station.
Une enquête sur le cyberharcèlement
En parallèle, une autre enquête a été ouverte pour cyberharcèlement à l'encontre de Bally Bagayoko, suite à une "multiplication de commentaires" injurieux sur les réseaux sociaux, ciblant l'élu en raison de sa couleur de peau.
Ce père de quatre enfants, qui a été élu dès le premier tour avec 50,77 % des voix, a déjà été la cible de plusieurs campagnes de haine, souvent relayées par l’extrême droite. Né de parents maliens dans les Hauts-de-Seine, Bagayoko incarne une voix essentielle pour la plus grande ville Insoumise de France.







