Dans un entretien accordé à Le Parisien, Annie Genevard a dénoncé le "chantage mortifère" exercé par certaines enseignes de la grande distribution sur les acteurs de l'agroalimentaire. "Les exigences en matière de tarifs sont en totale contradiction avec les besoins des producteurs, ce qui nuit à l'ensemble de la chaîne de valeur", a-t-elle déclaré.
Elle a souligné que les demandes de baisse de prix ne tiennent souvent pas compte des augmentations de coûts que rencontrent les industriels. "Les conséquences de ces tensions dans les négociations sont désastreuses pour les agriculteurs", a-t-elle ajouté. Genevard a également évoqué des menaces de déréférencement de produits en l'absence d'accords satisfaisants, ce qui accentue la pression sur les producteurs.
Des produits retirés des rayons
Récemment, Lactalis a accusé la centrale d'achat d'Intermarché, ainsi que Auchan et Casino, de retirer certains de ses produits pour forcer des baisses de prix. Ce type de pratique est perçu par la ministre comme un déni du droit français.
"Nous devons faire évoluer la réglementation européenne sur ce sujet avec le ministre des PME, Serge Papin, et c'est une de mes priorités lors du salon de l'Agriculture qui se tiendra du 21 février au 1er mars", a-t-elle insisté.
Les négociations entre supermarchés et fournisseurs, qui se déroulent traditionnellement entre décembre et mars, sont souvent marquées par une intensité extrême. La ministre a également noté qu'un premier bilan des discussions s'est révélé mitigé, malgré la mise en place d'une charte visant à apaiser les tensions. Le ministère a pointé du doigt le rôle des centrales d'achat dans le contournement des lois françaises.







