Dans notre société contemporaine, le regard que nous portons sur les seniors continue d'évoluer, mais il est encore trop souvent teinté de préjugés. J. Lavenant des Côtes-d’Armor l'affirme avec force : le « racisme anti-âge » est omniprésent. Les qualificatifs dévalorisants tels que « vieux », « pépés » et « boomers » sont courants, et cette stigmatisation se ressent dans de nombreuses sphères de la vie quotidienne.
Les seniors, bien qu'ils représentent une part de plus en plus importante de la population, sont parfois vus avec condescendance, voire mépris. Comme l’a souligné une étude de l'Insee, la proportion de personnes âgées devrait continuer à croître au cours des prochaines décennies, rendant cruciale la nécessité de redéfinir notre approche envers eux.
Le phénomène des âges relatifs, où chaque génération perçoit les autres par le prisme de l'âge, exacerbe cette séparation. Pour un enfant de huit ans, un adolescent de seize est déjà considéré comme « vieux », donnant lieu à un cycle de perception qui peut sembler ridicule, mais qui démontre l'importance des représentations culturelles sur l'âge.
Un aspect essentiel du débat réside dans la polyvalence des seniors. Leur expérience, souvent négligée, peut contribuer significativement à la société. Selon le sociologue Michel Wieviorka, « les compétences et le savoir-faire des seniors sont souvent sous-estimés, alors qu'ils sont un atout majeur dans la transmission de valeurs et de connaissances ».
Il est crucial de transformer notre vision de la vieillesse, non seulement comme un état biologique, mais comme un ensemble d'expériences et de contributions à la société. Pour cela, un « pacte » entre les générations semble nécessaire. En encourageant un dialogue ouvert, et en développant des initiatives intergénérationnelles, nous pourrions réduire les préjugés et favoriser des relations mutuellement bénéfiques.
En somme, nous avons tous un rôle à jouer dans ce changement de perception : intégrer nos aînés dans nos vies quotidiennes, valoriser leurs récits et leurs acquis. Ainsi, nous pourrions bâtir une société plus solidaire et réceptive, où chaque génération apprend des autres.







