Dans un contexte politique tendu, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a affirmé vendredi que son pays n'est ni "subordonné ni soumis" aux États-Unis. Ces déclarations ont suivi la capture de Nicolas Maduro le 3 janvier, créant un climat d’incertitude dans le pays. Rodriguez souligne la "dignité historique" du Venezuela et son engagement envers Maduro, lors d'une cérémonie dédiée aux victimes de l'opération militaire américaine, qui aurait fait environ une centaine de morts selon les chiffres officiels.
Dans une interview avec le New York Times, l'ancien président américain Donald Trump a expliqué que les États-Unis pourraient maintenir un contrôle sur le Venezuela, riche de vastes réserves pétrolières. Trump a prévu une rencontre avec des dirigeants de grandes entreprises pétrolières pour promouvoir les "immenses opportunités" qu'offre le pays sud-américain. "Ils nous donnent tout ce que nous jugeons nécessaire", a-t-il ajouté, évoquant un approvisionnement en pétrole estimé entre 30 à 50 millions de barils.
En parallèle, le gouvernement vénézuélien a annoncé la libération d'un grand nombre de prisonniers, notamment des étrangers. Ces relâchements sont perçus comme une première étape depuis le début de son mandat et un geste pour favoriser une coexistence pacifique, selon Jorge Rodriguez, président du Parlement. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, ainsi que des leaders d'autres pays d'Amérique latine, ont qualifié cet acte de "justice".
Parmi les détenus libérés, figure Rocio San Miguel, avocate et militante, arrêtée en février 2024. Son avocate a confirmé qu'elle "va bien" après avoir passé plusieurs mois en détention. La cheffe de l'opposition, Maria Corina Machado, a salué cette initiative, notant que "la vérité, longtemps réprimée, commence à émerger".
Il est à noter que l'ONG Foro Penal estimait à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, y compris 175 militaires. Des proches de détenus se sont rassemblés, notamment devant l'Hélicoïde, une prison tristement célèbre, espérant avoir des nouvelles de leurs proches.
Alors que les tensions persistent, le gouvernement américain continue d'exercer des pressions sur Caracas. Trois navires affrétés par Chevron ont récemment transporté du pétrole vénézuélien vers les États-Unis. La société publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) a également confirmé être en pourparlers avec Washington pour la vente de pétrole dans le cadre des relations commerciales entre les deux pays.
La situation à la frontière reste tendue, avec les président colombien Gustavo Petro et son homologue américain convenant d'actions communes contre les groupes guérilleros à la frontière. Pendant ce temps, le guérillero colombien le plus recherché a convoqué un sommet après les récents événements. L'issue de cette crise politique est toujours incertaine, mais chacun surveille de près les évolutions de la situation au Venezuela.







