Ce mardi, la commune de Romillé, située près de Rennes en Ille-et-Vilaine, a été le théâtre d'une célébration mémorable. Alain Adam, un homme de 85 ans d'origine juive, a eu l'opportunité de retrouver les descendants de la nourrice qui lui a sauvé la vie pendant la Seconde Guerre mondiale. Après des recherches menées par des passionnés d'Histoire, cet anniversaire est devenu un moment fort rempli d'émotion et de gratitude.
Alain Adam a échappé à la déportation grâce à son père, le docteur Arthur Abramovici, qui s'est donné la mort pour protéger ses enfants des nazis, et à sa nourrice, « maman Simon », qui l'a élevé pendant sept ans. « Elle a été ma mère. Grâce à elle, j'ai eu une enfance heureuse, malgré la guerre », a déclaré Alain, les larmes aux yeux.
Pendant son enfance, Alain a été élevé dans cette commune où son père pratiquait la médecine. Son papa avait décidé de confier son fils et sa fille à des familles d'accueil pour leur assurer une certaine protection. Alors qu'Alain vivait auprès de sa nourrice, sa sœur Monique était hébergée séparément. Ce retour à Romillé, plus de quatre-vingts ans plus tard, lui a permis de rencontrer les descendants de celle qui l'a sauvé.
Pour Jean-Yves Le Clerc, membre actif de l'association des Amis du patrimoine de Romillé, les recherches pour retrouver Alain n'ont pas été simples. « Les habitants de la commune étaient fascinés par son histoire. Nous avons utilisé divers moyens, y compris l'intelligence artificielle, pour le localiser ». Sa détermination a été récompensée lorsque, finalement, Alain a pu être contacté par téléphone.
Cette célébration extraordinaire a vu une salle remplie de villageois, unis par l'histoire d'un homme qui, grâce à des actions courageuses, a échappé à une tragédie. Les retrouvailles entre Alain et les descendants de sa nourrice, qui ont entendu parler de lui comme d'un « fantôme », étaient tant attendues. « Quand on s'est pris dans les bras, c'était indescriptible », a partagé Françoise Miel, la petite-fille de la nourrice. La rencontre a été marquée par des échanges de souvenirs et des émotions, renforçant le lien qui unit ces familles à travers l'histoire.
Alain a également exprimé sa tristesse que sa sœur, âgée de près de 95 ans et vivant à l'étranger, n'ait pas pu assister à cette rencontre, soulignant l'impact durable de leurs parents sur leurs vies. « Je pense très fort à elle », a-t-il confié, son regard se perdant dans le passé.
Alors que la cérémonie touchante prenait fin, il était clair que ces retrouvailles étaient bien plus qu'un simple événement familial. Elles ont permis de rendre hommage à un passé difficile tout en tissant des liens pour l'avenir, avec l'espoir que l'histoire et le courage de ceux qui ont agi durant cette période sombre continuent d'inspirer les générations futures.







