Les passagers aériens peuvent obtenir jusqu'à 600 euros d'indemnisation si leur vol a plus de trois heures de retard. Cependant, les compagnies aériennes, tant européennes que mondiales, qualifient ce système d'excessif, tandis que le Parlement européen résiste à toute réduction.
Lors d'une assemblée générale à Rio, l'Iata, l'association internationale des compagnies aériennes, a exprimé sa frustration face à la volonté du Parlement de maintenir ces indemnités. Le règlement de 2004, qui stipule cette compensation, est actuellement en discussion avec des propositions de modifications en provenance de Bruxelles.
Malgré une majorité des États membres ayant voté en faveur de réductions d'indemnisation en juin dernier, le Parlement s'est opposé au changement en janvier, souhaitant « renforcer les droits des passagers ». L'Iata, représentée par son vice-président pour l'Europe, Rafael Schvartzman, a dénoncé les coûts déjà astronomiques de ce dispositif, s'élevant à huit milliards d'euros par an pour les compagnies.
« Le transport aérien est à présent un punching-ball politique », a-t-il déclaré, soulignant que le maintien de cette réglementation pourrait inciter les compagnies à annuler davantage de vols, par crainte de retards en cascades entraînant des indemnisations.
Selon le quotidien Les Échos, un compromis pourrait bientôt voir le jour grâce à l'intervention de la Commission européenne. Ce projet maintiendrait le seuil de trois heures pour les indemnisations, mais les formulaires nécessaires ne seraient pas préremplis, ajoutant une nouvelle couche de complexité pour les voyageurs.
En dépit de ces controverses, Schvartzman reste optimiste pour l’avenir du transport aérien européen, annonçant une hausse des réservations pour l'été prochain. Il observe également que, dans un contexte géopolitique tendu, les Européens ont tendance à privilégier des destinations plus proches. « Les citoyens semblent vouloir rester près de chez eux ».







