En raison de l'augmentation des coûts du kérosène, les compagnies aériennes à bas prix, telles que Volotea, se retrouvent dans une situation délicate. En effet, le coût du carburant représente une part conséquente de leurs dépenses, entre 30 et 50 %, contrairement aux compagnies classiques qui oscillent entre 25 et 35 %, selon des analyses d'Les Échos.
Face à cette situation, Volotea a choisi une approche innovante en augmentant les prix des billets d'avion déjà achetés. C'est une première dans le secteur, suscitant de nombreuses interrogations. Selon les conditions générales de la compagnie, pour les billets achetés à partir du 16 mars, un supplément peut être appliqué si le prix du carburant dépasse 105 dollars. Ce supplément peut atteindre 14 euros par passager, mais en cas de baisse des prix du carburant, Volotea s'engage à rembourser jusqu'à ce même montant.
La compagnie assure que cette mesure ne génère aucun profit pour elle et vise à garantir la stabilité de ses opérations face à l'évolution des prix mondiaux. De plus, elle offre aux passagers la possibilité de modifier ou d'annuler leur vol sans frais jusqu'à quatre heures avant le départ, une initiative d'France Info qui pourrait apaiser les inquiétudes des voyageurs.
Une augmentation a posteriori qui soulève des questions
Bien que cela semble a priori illégal d'augmenter le prix d'un billet déjà acheté, la compagnie explique avoir trouvé une faille juridique. Anaïs Escudié, fondatrice de Retardvol.fr, souligne que le contrat entre le passager et la compagnie doit stipuler clairement cette éventualité lors de l'achat.
Emmanuel Llop, avocate spécialisée en droit du tourisme, confirme que les consommateurs doivent être informés des conditions de révision du prix avant de finaliser leur réservation. Si cette clause a été ajoutée après l'achat, la hausse ne serait pas applicable.
Une vigilance accrue du gouvernement
La pratique de Volotea est sous la surveillance attentive de l'État. Philippe Tabarot, ministre des Transports, a demandé à la DGAC d'examiner rapidement cette situation. Selon lui, bien que l'entreprise le fasse de manière transparente, le flou juridique qui l'entoure pourrait entraîner des complications.
Des enquêtes menées par des associations de consommateurs en Espagne et au Portugal cherchent également à déterminer la légalité de cette pratique. Gilles Gosselin, directeur France de Volotea, a affirmé lors d'une interview récente que tout avait été fait en conformité avec les lois existantes.
« Nous avons pris toutes les précautions nécessaires et ce modèle respecte l'ensemble des réglementations en vigueur ».







