Cette loi, en discussion depuis près de sept ans, est considérée par certains comme un tournant pour le droit au logement en Angleterre. D'après The Times, le Renters’ Rights Act vise à améliorer les droits des 11 millions de locataires, transformant en profondeur leur réalité.
Le texte a pu compter sur le soutien de figures politiques emblématiques, telles que l'ancienne Première ministre Theresa May, et des dirigeants actuels travaillistes. Cette réforme met fin au système des "no-fault eviction", permettant jusqu'à présent aux propriétaires de mettre fin à un bail dans un délai de deux mois sans justification. Ce système était souvent cité comme un facteur aggravant de la crise du sans-abrisme, comme le souligne Sky News.
Aujourd'hui, les expulsions sans motif seront illégales, et les propriétaires ne pourront invoquer que des raisons précises pour mettre fin à un bail : besoin de réoccupée le logement, problèmes de comportement du locataire, ou arriérés de loyer. Cette mesure est perçue par beaucoup comme un rééquilibrage de la dynamique entre propriétaires et locataires.
Un témoignage poignant
“Depuis que je vis à Londres, j’ai eu six propriétaires, côtoyé neuf colocataires, vécu deux expulsions sans motif. Pour la première fois, je sens une loi qui pourrait avoir un impact positif sur ma vie.”
Les nouvelles mesures incluent des restrictions sur les augmentations de loyer, en prohibant les hausses plus d'une fois par an et en interdisant aux propriétaires d'accepter des offres supérieures de locataires potentiels. Comme le note The Times, ces changements visent à mettre fin à ce qu'on appelle "la guerre des enchères" sur le marché locatif.
Pour l'instant, cette législation ne concerne que l'Angleterre. Le modèle écossais, en place depuis 2017, propose des baux indéterminés, tandis que le Pays de Galles et l'Irlande du Nord ont encore des contrats à durée déterminée. Néanmoins, cette réforme a suscité des craintes parmi les propriétaires, redoutant des augmentations des litiges et des difficultés accrues pour expulser des locataires problématiques.Selon des estimations de la BBC, des propriétaires commencent déjà à réorganiser leurs investissements en prévision de ces changements. En outre, au premier trimestre de 2026, le nombre d'expulsions a crû de 46 % par rapport à l'année précédente, une tendance observée par The Guardian.
Vers un gel des loyers ?
À Londres, en 2020, les locataires du secteur privé dépensaient en moyenne 43 % de leurs revenus en loyer, un fardeau amplifié par l'inflation actuelle. Dans ce contexte, des discussions émergent autour d'un gel des loyers d'un an, comme l'évoque The Guardian.
La Grande-Bretagne se trouve en pleine crise immobilière, avec des promesses politiques de construction de 1,5 million de logements dans les années à venir, mais les objectifs demeurent largement sous-exploités.







