Les marchés financiers mondiaux ont affiché une réserve prudente vendredi dernier à l'annonce de possibles nouvelles négociations entre l'Iran et les États-Unis. Cette annonce survient près de deux mois après le déclenchement d'un conflit qui a fortement impacté les prix de l'énergie et suscité des inquiétudes quant à l'inflation.
Des négociateurs des deux nations se rendent au Pakistan pour discuter d'une éventuelle reprise des dialogues, bien que des pourparlers directs ne soient pas garantis.
En réaction, le baril de WTI américain a chuté de 1,51 %, atteignant 94,40 dollars, tandis que le Brent, référence internationale, a légèrement progressé à 105,33 dollars (+0,25 %). Andy Lipow, expert de Lipow Oil Associates, indique : "Chaque fois que des discussions sont annoncées, le marché espère une résolution du conflit, ce qui permettrait de rouvrir le détroit d'Ormuz et de débloquer des millions de barils issus du Golfe." Toutefois, la prudence persiste, le marché étant réticent à faire des prévisions hâtives avant ces pourparlers.
Andreas Lipkow, de CMC Markets, souligne que les investisseurs restent nerveux compte tenu de la situation morose au Proche-Orient : "Les acteurs du marché sont réticents à engager des risques majeurs à ce stade".
Les précédentes tentatives de négociation ont échoué, et la Maison Blanche a confirmé que le vice-président américain, JD Vance, ne serait pas présent lors de ces pourparlers.
- Une Europe sur la défensive, un Wall Street dynamique -
Les indices boursiers mondiaux ont clos en ordre dispersé. À Paris, le CAC 40 a reculé de 0,84 %, Francfort de 0,11 %, Londres de 0,75 %, et Milan de 0,52 %. Florian Ielpo de Lombard Odier AM note que le ton général est "défensif" en raison de l'exposition accrue de l'Europe aux fluctuations des prix de l'énergie.
La zone euro a enregistré une inflation de 2,6 % en mars sur un an, un bond noté par Eurostat, contre 1,9 % en février.
À Wall Street, la situation a été plus favorable avec le Nasdaq (+1,63 % à 24.836,60 points) et le S&P 500 (+0,80 % à 7.165,08 points) atteignant de nouveaux sommets. Le Dow Jones a, quant à lui, légèrement baissé de 0,16 %.
Angelo Kourkafas, d'Edward Jones, souligne que "les résultats des entreprises demeurent un moteur essentiel de la performance de marché". Le fabricant de semi-conducteurs Intel a connu une flambée de 23,64 % à 82,57 dollars, suite à des résultats trimestriels encourageants, interprétés comme un signal de redressement. Dans son sillage, Advanced Micro Devices (AMD) a progressé de près de 14 %, tandis que Nvidia et Micron ont également enregistré de belles performances.
Florian Ielpo observe que "les actions américaines montrent une meilleure résilience comparée à celles d'Europe".
- Une semaine cruciale à venir -
La semaine à venir sera marquée par des réunions des banques centrales, où les chefs d’institutions financières ne devraient pas ajuster les taux d’intérêt, mais pourraient discuter des menaces inflationnistes liées au conflit entre l'Iran et les États-Unis.
Patrick Munnelly de Tickmill Group souligne l'importance de cette semaine pour les grandes banques centrales qui devront intégrer les implications du conflit sur les prix de l'énergie et les diverses économies globales.
Le taux d'intérêt à dix ans en Allemagne est resté stable à 3,00 %, tout comme son homologue américain à 4,31 %, par rapport à jeudi. Par ailleurs, la semaine à venir s'annonce riche en résultats d'entreprises, susceptibles d'engendrer de nouveaux mouvements sur le marché.







