Un rapport récent de Deezer indique que presque la moitié des morceaux publiés chaque jour sur la plateforme de streaming proviennent de l'intelligence artificielle (IA), un chiffre en forte augmentation par rapport aux moins de 20 % de l'année dernière. Malgré cette explosion, l'écoute de ces titres reste relativement faible, signalant un écart entre production et consommation.
En effet, la plateforme française a révélé qu'elle reçoit environ 75 000 morceaux générés par l'IA chaque jour, soit 44 % des ajouts quotidiens. Deezer est la seule grande plateforme qui indique clairement quels morceaux ont été créés par IA. Cependant, ceux-ci ne représentent que 1 à 3 % des écoutes globales, une situation que la plateforme semble désireuse de corriger.
Alexis Lanternier, directeur général de Deezer, a commenté cette tendance en déclarant que "la musique générée par l'IA est désormais loin d'être un phénomène marginal". Il a également exprimé son espoir que l’ensemble de l’écosystème musical s'unit pour protéger les droits des artistes face à cette évolution rapide. En effet, la part des morceaux créés par IA a multiplié par trois entre janvier et novembre, passant de 10 % à 34 %.
L'irruption de l'IA générative suscite des inquiétudes croissantes
Les critiques envers l'IA dans l'industrie musicale se multiplient, les artistes craignant de se retrouver submergés par un flux incessant de musique artificielle. Aux États-Unis, des chanteurs générés par IA figurent parmi les artistes les plus écoutés dans le genre country. En parallèle, un groupe entièrement créé par IA, The Velvet Sundown, a su attirer près d'un million d'abonnés sur Spotify, démontrant l'attrait du grand public pour ces créations numériques.
Ce phénomène soulève des questions éthiques et économiques cruciales que la communauté artistique devra aborder. Alors que l'IA continue de progresser, l'avenir de la musique pourrait se définir autour de la coexistence de l'humain et de la technologie, comme l'a souligné une étude récente de Le Monde.







