En réponse à la montée des prix du pétrole, le ministère de l'Économie a annoncé le 3 avril un dispositif de prêts, baptisé « prêt flash carburant », destiné à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) particulièrement affectées, notamment dans les secteurs du transport, de l'agriculture et de la pêche.
Ces prêts varieront de 5 000 € à 50 000 €, avec un taux d'intérêt fixé à 3,80 %. Destinés aux très petites et petites entreprises, ils seront attribués sans garanties, à condition que les coûts liés aux carburants représentent au moins « 5 % de leur chiffre d'affaires », a précisé le ministère.
Des fonds disponibles sous 7 jours
Ces prêts seront « distribués via un canal 100 % numérique par Bpifrance », permettant ainsi une mise à disposition rapide des fonds dans un délai de 7 jours. Pour en bénéficier, les entreprises intéressées devront répondre à certains critères, notamment avoir plus d'un an d'existence et fournir à Bpifrance leurs relevés de comptes bancaires récents.
Une durée de prêt de 36 mois
La durée de ces prêts est fixée à 36 mois, incluant un différé d'amortissement du capital de 12 mois. Ce dispositif fait partie des mesures promises par le gouvernement pour compenser l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des carburants.
Le ministre des PME et du pouvoir d'achat, Serge Papin, a souligné que « la BPI proposera des prêts bonifiés garantis par l'État pour aider à la trésorerie ». De plus, ce soutien pourrait s'étendre aux départements et régions d'outre-mer.
Enquête sur les marges des raffineries
Lors d'une récente émission sur France 5, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a révélé avoir demandé à la Commission européenne d'engager une enquête sur les marges des raffineries en Europe pour garantir qu'il n'y ait pas d'abus. « Nous avons vérifié les marges des distributeurs et confirmé qu'il n'y avait pas d'abus », a-t-il déclaré.
La répression des fraudes a déjà procédé à des contrôles dans plus de 630 stations-service en France, révélant que 5 % d'entre elles ont été sanctionnées pour non-conformité aux régulations en matière de prix.
Thierry Cotillard, le dirigeant du Groupement Mousquetaires, a appelé le gouvernement à convoquer les raffineurs, notamment TotalEnergies, évoquant l'achat récent par la multinationale de « 70 cargaisons de pétrole à bon prix ». Selon le Financial Times, cette opération aurait rapporté plus d'un milliard de dollars à TotalEnergies, bien que la compagnie n'ait pas confirmé ce montant.
Dans le cadre de cette crise énergétique, le ministre Lescure a insisté sur l'importance de traiter cette question au niveau européen, évitant de stigmatiser des entreprises en particulier.







