À partir de ce samedi, les usagers des transports à Islamabad bénéficieront de la gratuité, a annoncé le ministre de l'Intérieur Mohsin Naqvi. Cette mesure, qui s'étendra sur 30 jours, a été élaborée suite à la hausse drastique des prix du carburant, attribuée en grande partie aux tensions géopolitiques, notamment la guerre en Iran.
"Tous les transports publics à Islamabad seront gratuits pour le grand public pendant les 30 prochains jours à partir de demain", a déclaré Naqvi sur X.
Le gouvernement pakistanais prévoit de supporter cette initiative à hauteur de 350 millions de roupies, soit environ 1,25 million de dollars. Ce plan a été conçu en réaction à l'augmentation brutale des coûts du carburant, qui a besoin d'un coup de pouce pour éviter des répercussions économiques étendues.
Ce changement survient peu après une décision controversée d'augmenter de 43% le prix de l'essence et de 55% celui du gazole, déclenchant une vague de colère parmi la population. Des longues files d'attente se sont formées devant les stations-service dans tout le pays. À Lahore, des milliers de manifestants ont exprimé leur mécontentement, comparant cette augmentation à une "bombe d'essence" larguée sur leurs vies quotidiennes.
Mesures d'urgence pour soutenir la population
Face à la situation, le Premier ministre Shehbaz Sharif a promis une réduction de la taxe sur l'essence, efficace pour un mois. Cette annonce vise à apaiser les tensions et à soutenir les citoyens face à cette crise sans précédent. De son côté, Maryam Nawaz Sharif, cheffe du gouvernement de la province du Pendjab, a évoqué des "subventions ciblées" pour certaines catégories vulnérables, comme les camionneurs.
"C'est un moment d'unité et de responsabilité collective dans l'intérêt national", a-t-elle souligné.
Les répercussions de la guerre en Iran continuent d'affecter l'économie pakistanaise. Du côté du FMI, des experts avertissent que ces flambées de prix mettent en péril les économies fragiles, alors que l'Asie entière ressent l'impact des perturbations des chaînes d'approvisionnement.
Une solution temporaire, mais cruciale
Les réformes adoptées incluent la mise en œuvre d'une semaine de travail de quatre jours pour de nombreux bureaux gouvernementaux et une prolongation des vacances scolaires. Ces ajustements visent à atténuer la dépendance aux combustibles tout en maintenant une activité économique minimale.
La Banque mondiale souligne qu'environ 25% de la population vit déjà sous le seuil de pauvreté, et que l'augmentation récente des prix du carburant rend la situation encore plus intenable. Il est crucial que le gouvernement prenne des mesures pour protéger les plus vulnérables.
Alors que d'autres pays d'Asie, comme le Bangladesh, suivent une voie similaire en augmentant les prix du gaz pour soulager les budgets nationaux, le cas du Pakistan reste préoccupant et observe un besoin urgent d'une stratégie économique robuste pour naviguer à travers ces temps tumultueux.







