Un tournant pour l'épargne sécurisée
Le paysage de l'épargne grand public a changé. À partir de 2025, le nouveau plan épargne logement (PEL) affiche un rendement brut de 1,75 % (soit environ 1,225 % après la flat tax de 30 %) et le Livret A est attendu à 2,50 % dès février. Ces niveaux, en deçà ou proches de l'inflation anticipée, remettent en question la capacité des produits « garantis » à préserver le pouvoir d'achat.
Même si certains avantages subsistent — le PEL conserve un accès à un emprunt à taux préférentiel (autour de 2,95 %) et le Livret A assure liquidité et exonération fiscale — la rente réelle offerte par ces enveloppes devient plus faible. Conséquence : de nombreux ménages voient leurs projets (achat immobilier, constitution d'une réserve) affectés et doivent repenser la répartition de leurs avoirs.
Alternatives pour concilier rendement et prudence
Dans ce contexte, la diversification devient indispensable. L'assurance vie demeure une enveloppe prisée pour sa souplesse fiscale et successorale, mais les fonds en euros voient leurs performances se réduire. Pour compenser, les unités de compte (actions, obligations, OPC, ETF) offrent un potentiel de rendement supérieur, à condition d'accepter la volatilité et d'adopter un horizon moyen à long terme.
L'immobilier « pierre-papier » (SCPI, OPCI) séduit par des rendements généralement plus élevés que les livrets, souvent autour de 4–5 % bruts selon les gestionnaires, mais expose au cycle immobilier et aux frais d'entrée. Parallèlement, les fonds thématiques, ISR ou sectoriels (énergies renouvelables, santé, technologies) gagnent du terrain auprès d'épargnants soucieux d'impact et de performance.
Des outils modernes facilitent ces choix : ETF pour une exposition diversifiée et peu coûteuse, plans d'épargne retraite recentrés, ou stratégies progressives d'investissement (DCA) qui limitent le risque de timing. La clé reste d'aligner le mix d'actifs sur votre horizon, votre tolérance au risque et vos besoins de liquidité.
Nouveaux réflexes à adopter
En période de rendements bas, l'information et l'anticipation font la différence. Simuler, comparer les frais et décortiquer les conditions contractuelles sont désormais des étapes incontournables. L'accompagnement par un conseiller — banque, courtier ou gestionnaire indépendant — monte en puissance pour aider à bâtir une stratégie cohérente et personnalisée.
- Panachez : liquidités pour l'urgence, assurance vie pour le long terme, unités de compte pour la croissance.
- Échelonnez vos investissements (DCA) pour lisser la volatilité.
- Vérifiez frais et fiscalité : quelques dixièmes en moins peuvent peser sur le rendement net à long terme.
- Privilégiez la transparence et les labels ISR si l'impact environnemental/social compte pour vous.
- Sollicitez un conseil indépendant pour éviter les réflexes émotionnels et optimiser votre allocation.
Si les taux garantis reculent, l'occasion est aussi de moderniser sa stratégie : mixer prudence et parts de performance, profiter des enveloppes fiscales adaptées et garder une vigilance sur les frais et la qualité des supports. Cette période peut devenir le point de départ d'une épargne plus flexible, responsable et alignée sur vos objectifs.







