Définir la richesse peut varier d'une personne à l'autre, mais il existe des repères similaires à ceux de la pauvreté.
Comment évaluer sa position dans les classes populaires, moyennes ou aisées ? L'Observatoire des inégalités a mis en place des méthodes pour établir ce qu'est la richesse au sein d'un foyer.
Critères d'évaluation de la richesse
Pour mesurer la richesse, il est essentiel d'examiner les revenus ainsi que le patrimoine d'un individu ou d'une famille.
Les revenus
Selon l'INSEE, les revenus à prendre en compte incluent :
- Les revenus d'activité ;
- Les revenus du patrimoine ;
- Les prestations sociales ;
- Les pensions.
Le niveau de vie est un concept lié aux revenus. Pour le calculer, il est important de diviser le revenu disponible d'un ménage par le nombre d'unités de consommation qu'il représente.
Le patrimoine
Le patrimoine englobe tous les biens possédés par un individu ou une famille, pouvant inclure des biens immobiliers, des placements financiers et des meubles. On le distingue en patrimoine brut, lorsque l'on ne prend pas en compte les dettes, et en patrimoine net, lorsque les dettes sont déduites. Le patrimoine net est souvent un indicateur clé de la richesse.
Il est crucial de souligner que le revenu à lui seul ne reflète pas pleinement la richesse. Par exemple, un rentier peut avoir peu de revenus mais un patrimoine considérable. En effet, les inégalités de patrimoine sont souvent bien plus marquées que celles des revenus. Les 10 % les plus pauvres en France perçoivent trois fois moins que les 10 % les plus riches, mais leur patrimoine est plus de 200 fois inférieur à celui des plus riches.
Une approche pour déterminer le seuil de richesse
La question se pose : à partir de quel niveau de revenu peut-on se définir comme riche ? L'Observatoire des inégalités propose une méthodologie fondée sur le seuil de pauvreté.
En France, le seuil de pauvreté est fixé à environ 965 euros à 1158 euros par mois, selon qu'on le considère à 50 % ou 60 % du niveau de vie médian. Ce dernier fait référence au montant au-dessous duquel se trouvent la moitié des individus.
Le seuil de richesse, quant à lui, est fixé à deux fois le niveau de vie médian après impôts, soit environ 3700 euros pour une personne seule et 5500 euros pour un couple sans enfants. Les 30 % des revenus les plus faibles appartiennent aux classes populaires, tandis que les 30 % les plus élevés sont considérés comme aisés. Les classes moyennes se situent entre ces deux extrêmes.
La composition du foyer est un élément décisif dans l'évaluation de la richesse. Par exemple, une personne seule est qualifiée de pauvre si ses revenus sont inférieurs à 965 euros. Les couples sans enfant sont considérés comme pauvres si leurs revenus ne dépassent pas 1450 euros, tandis que les couples avec deux enfants doivent atteindre 2400 euros pour ne pas être considérés comme pauvres.
Affinement de la notion de richesse
Il serait judicieux d'enrichir la définition du seuil de richesse. Par exemple, la valeur des loyers non payés pourrait être intégrée pour les propriétaires, tandis que le lieu de résidence des locataires devrait être pris en compte.
D'autres caractéristiques pertinentes pourraient inclure :
- L'âge des membres du foyer ;
- La stabilité des revenus, car les travailleurs indépendants peuvent traverser des fluctuations ;
- Une approche intégrée combinant revenu et patrimoine pour fournir un indicateur de richesse plus complet.
L'Observatoire des inégalités est le seul organisme à établir une mesure de la richesse en France. Divers chercheurs, comme le sociologue Julien Damon, proposent des méthodes différentes, telles que définir la richesse comme appartenant aux 10 % les plus riches. Cette approche permet de maintenir le nombre de riches constant bien que le seuil puisse évoluer.
Enfin, des économistes comme Pierre Concialdi suggèrent que, pour améliorer le niveau de vie de tous, il faudrait transférer les ressources des plus riches aux plus pauvres. D'autres recommandent de considérer la qualité de vie, mesurant la richesse à travers des signes extérieurs tels que la superficie d'un logement ou la possession de biens de valeur.







