Le gui, souvent perçu comme un symbole de chance et de renouveau, soulève néanmoins une question essentielle: doit-on le préserver au jardin ou l'éliminer? Clara, une passionnée de jardinage, interroge Alain Baraton, jardinier en chef au domaine de Versailles.
Le gui: un symbole devenu parasite
Scientifiquement connu sous le nom de Viscum album, le gui est bien plus qu'un simple porte-bonheur. En effet, bien qu'apprécié pour ses traditions pendant les fêtes de fin d'année, il constitue aussi une plante parasite nuisible qui affecte les arbres qu'il envahit. En tant que tel, le gui devrait être retiré, surtout lorsqu'il est en petite taille, ou la branche touchée doit être soigneusement coupée. Autrefois, des lois stricte imposaient aux propriétaires d'arbres infectés d’agir, car les gardes champêtres veillaient sur les forêts.
Dans l'Antiquité, cette plante fascinait les Gaulois, qui croyaient en ses pouvoirs miraculeux. Pline l'Ancien, un des premiers naturalistes à la décrire, mentionne qu'un chêne sur un million est porteur de gui, et il lui attribue des vertus curatives. Étonnamment, les anciens croyants le considéraient comme favorisant la guérison et attirant les dieux.
Les significations profondes du gui
Une tradition druidique riche en significations
Le gui, planté par les druides lors d'une cérémonie solennelle, est cueilli avec un respect extrême. Un druide, couronné de feuilles de chêne, grimpe à l’arbre pour le couper avec une serpe en or. Ce moment sacré nécessite que le gui ne touche pas le sol, sans quoi sa puissance se dissiperait. Il est dit que ses propriétés permettent d'éloigner les esprits malins et favorisera la fertilité.
Au fil des siècles, le gui a évolué pour devenir un symbole emblématique des célébrations de fin d'année. Des personnes parcouraient autres villages de Bretagne, chantant « Eghinane eghinane » en espérant recevoir quelques pièces en retour. Actuellement, bien que l'expression « Au gui l'an neuf » perdure, la tradition de s'embrasser sous une touffe de gui devient de moins en moins fréquente.







