Près de 300 personnes se sont rassemblées à Brest, mardi 31 mars, pour protester contre le projet de carte scolaire qui devrait être validé au début du mois d'avril. La situation dans le Finistère est alarmante, avec plusieurs suppressions de postes et fermetures de classes envisagées, tant au niveau des écoles que des collèges.
« On n'est pas content, on n'est pas content ! », scandaient un groupe d’enfants au cœur du cortège, entourés de parents d’élèves et d’enseignants en grève, inquiets des nouvelles coupes à venir pour la rentrée 2026. Au collège du Vizac à Guipavas, un mouvement intitulé « collège mort » a vu le jour pour s'opposer à la suppression d'une classe de 3e. « Nous allons passer de 24 élèves à 29 ou 30 l'an prochain, ce qui dégradera les conditions de travail », souligne Anne, professeure de français. Sa collègue, Maria, ajoute : « Généralement, les fermetures de postes ne sont jamais rattrapées, c’est vraiment préoccupant. »
L'excuse de la baisse démographique
Les syndicats d'enseignants commencent à s'habituer à cette situation répétée. « Depuis plusieurs années, nous perdons des postes, et cette fois, la situation s’aggrave », constate Florent Martinie, co-secrétaire de la FSU du Finistère. Selon lui, « la diminution du nombre d'élèves est utilisée comme prétexte pour supprimer massivement des emplois et des classes. Cela fait partie d'un schéma qui se répète sous les gouvernements successifs, visant avant tout à dégager des budgets pour d'autres secteurs, comme l'armée. »
Bien que la baisse générale du nombre d'élèves dans le Finistère soit un fait, elle n’affecte pas toutes les structures équitablement. À l'école maternelle du Petit Bois à Plouguin, Emmanuelle Perrot, enseignante, exprime son inquiétude : « Nous aurons plus d'élèves l'année prochaine, mais nous allons perdre un poste car nos tout-petits ne sont pas comptabilisés. Cette décision aura des conséquences majeures pour notre petite commune. »
La direction académique des services de l'Éducation nationale dans le Finistère a été sollicitée et a précisé que les fermetures de classes annoncées restaient provisoires. Le projet de carte scolaire doit être entériné entre le 2 et le 9 avril, laissant peu de temps pour faire entendre la voix des enseignants et des parents. « Nous sommes ici parce qu'il nous reste un espoir, » confie une enseignante. « Mais on ne peut pas rester silencieux. »







