Les enseignants à travers toute la France se mobilisent ce mardi 31 mars contre les fermetures de classes et la suppression de postes dans le cadre d'une grève nationale. Les organisations syndicales dénoncent des choix budgétaires jugés « court-termistes », aggravant encore la situation d'un service public d'éducation déjà très affaibli. La grève s’est également étendue à certains établissements privés.
Selon une estimation des syndicats, entre 10 % et 30 % des enseignants sont en grève pour tout ou partie de la journée. Le ministère de l'Éducation nationale, en revanche, avance un chiffre de 9,68 % de grévistes. La dynamique s’illustre avec 13,2 % de taux de grévistes dans le primaire et 7,18 % dans le secondaire. En tenant compte de l'ensemble des personnels, le chiffre grimpe à 7,56 %. Ces données se trouvent en désaccord avec les revendications des syndicats, qui estiment la participation bien plus élevée, atteignant potentiellement 25 % des enseignants mobilisés à Paris et dans certaines villes comme Lyon et Créteil, selon le Snes-FSU et le SNUipp-FSU.
« Cette journée vient après des semaines de mobilisations, commencées en janvier », rappelle Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes, dont Paris où un cortège partira du Luxembourg à destination du ministère de l’Éducation nationale. À Marseille, par exemple, 800 personnes ont défilé, y compris 200 lycéens. Éric Mampaey, secrétaire régional de l'Unsa Éducation a exprimé son indignation : « On supprime des postes alors qu’on aurait pu profiter de la baisse démographique pour garantir de meilleures conditions d’enseignement. »
Un mouvement qui s'étend aux établissements privés
Ce mouvement affecte également l'enseignement privé, ce qui est un fait assez rare. Le collège Notre-Dame du Pont à Lanester (Morbihan) a dû fermer ses portes, renvoyant près de 400 élèves chez eux. Certes, parmi une trentaine d'enseignants, huit font face à une perte d’heures, tandis qu'une enseignante perd son poste après quatre ans de formation pour obtenir son statut.
Un enseignant de cet établissement a souligné une disparité souvent méconnue entre le secteur public et le privé : « Dans l'enseignement public, un professeur qui perd des heures est rémunéré à temps plein, ce qui n'est pas le cas dans le privé sous contrat où chaque perte d’heure se traduit directement par une baisse de salaire. »
Les prévisions pour la rentrée 2026 tablent sur environ 4 000 suppressions de postes, une situation que le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, attribue à une chute démographique sans précédent. « Nous traversons une période de baisse démographique comme notre pays n'en a jamais connue », a-t-il déclaré récemment, justifiant ainsi ces choix budgétaires contestés.
Ce climat d'incertitude plane donc sur l'avenir de l'éducation nationale, suscitant une mobilisation continue des enseignants qui aspirent à des conditions efficaces pour garantir un service public de qualité.







