Le skipper français Kevin Escoffier est attendu devant le tribunal correctionnel de Lorient le lundi 30 mars en début d’après-midi. Il doit répondre à des accusations d’agressions sexuelles portées par quatre femmes dans différents pays. Cette affaire a suscité une vive émotion au sein de la communauté nautique et au-delà.
Avant le début des débats, prévu à 13h30, la section locale du collectif féministe Nous toutes a organisé un rassemblement devant le palais de justice pour soutenir les victimes et « briser le silence sur les violences qui frappent le milieu de la course au large ». Les témoignages des quatre femmes évoquent des agressions survenues aux États-Unis, en France, au Brésil et en Australie. Certaines de ces incidents présumés auraient eu lieu alors qu'Escoffier était sous l'emprise de l'alcool.
Une des plaignantes, ancienne attachée de presse de son équipe, a déposé plainte après une rencontre à Newport (Rhode Island) durant l'Ocean Race en mai 2023. Elle affirme avoir été agressée dans un bar par le navigateur. « Il commence à me palper une fesse, puis l'autre », rappelle-t-elle, ajoutant que « sa main est remontée sous mon tee-shirt ». Ces déclarations sont d’autant plus troublantes compte tenu de la notoriété d'Escoffier dans le domaine.
« Il commence à me palper une fesse »
Ce témoignage, parmi d'autres, a été essentiel à l’ouverture de l'enquête lancée par le parquet de Paris en juillet 2023, suite à plusieurs plaintes pour agressions. En février 2025, Escoffier avait été mis en garde à vue, avant que le dossier ne soit transféré à Lorient pour une audience locale.
Après la révélation publique des accusations en juin 2023, le navigateur a interrompu ses activités avec l'équipe du monocoque Holcim-PRB en pleine compétition. En octobre de la même année, la Fédération française de voile (FFVoile) a décidé de le suspendre pour dix-huit mois, bien qu'une annulation de cette suspension, pour « vice de procédure », ait eu lieu en mars 2024. Cette décision a suscité la controverse au sein de la communauté nautique.
Malgré ces accusations, Kevin Escoffier continue de se défendre en niant les faits. En octobre 2023, il a engagé une procédure en diffamation contre Le Canard Enchaîné, suite à un article qui détaillait les allégations l'entachant. En mai 2025, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé l'hebdomadaire, reconnaissant la solidité des éléments ayant fundamenté l'enquête.
Le procès de Kevin Escoffier pourrait faire évoluer les mentalités dans un domaine rarement mis en lumière concernant les violences faites aux femmes. L'issue de ce procès sera scrutée de près, tant pour les victimes que pour la réputation du milieu de la voile.







