Les agressions à l'encontre des enseignants, qu'elles soient verbales ou physiques, ne cessent d'augmenter, créant un climat de tension dans les établissements scolaires. En parallèle, la judiciarisation des conflits avec certaines familles contribue à la souffrance des personnels éducatifs. Des enseignants partagent leurs témoignages émus lors d'un colloque à Montpellier, organisé par le Snalc.
"On ne peut pas mourir d’enseigner", a déclaré Maxime Reppert, vice-président du Snalc, en évoquant le climat de peur qui règne actuellement. Il souligne l'impact négatif des relations conflictuelles sur la santé mentale des enseignants. "Il devient difficile d'en parler à ses collègues, par crainte de jugement", ajoute-t-il.
Julie, professeure de langue étrangère dans un lycée professionnel, témoigne de la dégradation des comportements : "C'est devenu invivable. Depuis la rentrée, j'ai vu des jeunes se battre, et il y a un sentiment d'impunité chez certains élèves", dit-elle. Lionel, un autre enseignant d'économie-gestion, partage des histoires similaires, évoquant des violences verbales et l'agressivité des parents.
Un système à revoir
Jessica Boyer, vice-présidente académique du Snalc, appelle à un meilleur traitement des cas de violence envers les enseignants. "La protection fonctionnelle devrait être accordée automatiquement, mais seulement une demande sur quatre est acceptée", explique-t-elle. Pour compenser, le Snalc a mis en place un numéro d’écoute et offre un soutien juridique à ses membres.
La judiciarisation des relations familial-enseignant est également préoccupante. Les cas de faux signalements et de rumeurs sur les réseaux sociaux créent une atmosphère de méfiance. Cela peut facilement ruiner des carrières entières, avertit le syndicat.
Face à l'intimidation
Auriane, maîtresse en maternelle, raconte comment elle a été accusée à tort d'agression après avoir tenté de gérer un comportement difficile : "Je suis passée d'enseignante à suspecte en un instant. C'est difficile de vivre avec ça, surtout dans un petit village où la rumeur court vite".
Elle a dû subir des procédures judiciaires pendant deux ans avant que sa situation ne soit clarifiée. "J'avais un métier que j'adorais, et il est devenu une simple source de revenus".
Anna, une autre enseignante, fait face à des accusations similaires : "Je suis assignée à une autre école, loin des élèves, à cause de plaintes infondées". Elle souligne que la protection fonctionnelle a été plus un obstacle qu'une aide, suggérant un besoin urgent de réformes.







