En pleine tourmente économique, le président de la FDSEA du Finistère, Gilbert Le Goff, ne cache pas son indignation. Il qualifie d'« insuffisante » la réduction de quatre centimes par litre sur le Gazole Non Routier (GNR) annoncée par le gouvernement le 27 mars 2026. Ce geste est perçu comme dérisoire face à l'envolée des prix, qui a grimpé de 65 centimes à 1,20 € le litre depuis le début du conflit en Iran.
« C’est du foutage de gueule. La part de la hausse est minime, cela représente quelques dizaines d’euros sur une année pour une exploitation. C'est ridicule », déclare-t-il avec force. Contrairement aux pêcheurs, qui peuvent temporairement cesser leur activité, les agriculteurs doivent continuer à s'occuper de leurs animaux : « On ne peut pas arrêter de nourrir les animaux, ils sont là, on est obligé de continuer », insiste-t-il.
La souveraineté alimentaire en péril
Le Goff souligne également un mal plus profond, à savoir la fiscalité écrasante et la concurrence féroce de pays comme l'Espagne et l'Italie. Les indicateurs sont alarmants : la production de volailles, de porcs et de lait est en chute libre. « La souveraineté alimentaire est plus qu’en danger », prévient-il. Il appelle à une réponse politique rapide pour préserver une économie locale fondée sur des produits de qualité. « Ce qu'on défend, c'est une économie locale avec des produits locaux pour nourrir sainement nos concitoyens », rappelle Gilbert Le Goff, qui attend des engagements concrets lors de sa prochaine rencontre avec le préfet.
Un appel au réveil des politiques
Bien qu'il soit « trop tôt pour envisager des blocages ou des actions directes », Le Goff appelle à « une réflexion sur le fond » afin de redonner de la valeur au métier d'agriculteur. « Nous espérons un sursaut, une écoute, et un réveil de nos politiques », ajoute-t-il. L'enjeu est majeur : maintenir une agriculture durable, capable d'assurer la santé publique via une alimentation de qualité, produite localement. Des voix comme celles de l'expert en agroéconomie, Marie Dupont, renforcent cette inquiétude, elle précise que « le soutien aux agriculteurs est crucial pour l'avenir de l'agriculture française et de notre santé alimentaire ». Un appel pressant à l'action dans un contexte où chaque décision peut faire la différence.







