Le motif de légitime défense a été rejeté par la cour. L'ancien policier de la brigade anticriminalité, Gilles Guilbert, a reçu une condamnation à dix ans de prison par la cour d'assises de Versailles pour avoir abattu Olivio Gomes lors d'un incident survenu dans la nuit du 16 au 17 2020 à Poissy, dans les Yvelines.
Lors du prononcé du verdict, le président de la cour a souligné que les circonstances de la légitime défense, celles-ci devant être étayées par des faits objectifs, n'étaient pas réunies. En plus de cette peine, Gilles Guilbert a été interdit d'exercer toute fonction publique et d'être élu pendant dix ans. L'interdiction de porter une arme lui a également été imposée pour une durée de quinze ans. Suite à cette décision, son avocat, Me Laurent-Franck Liénard, a annoncé son intention d'interjeter appel.
Une filature à l'origine du drame
Cette nuit-là, Gilles Guilbert et deux collègues avaient décidé de suivre la Clio d’Olivio Gomes sur le périphérique parisien avant de quitter l'autoroute sur l'A13. Pendant près de vingt kilomètres, ils ont continué à suivre discrètement le véhicule, sans allumer les sirènes ni les gyros lors de leur filature. Ce choix a suscité de nombreuses interrogations au cours du procès, notamment car la version de la police affirme qu'Olivio Gomes conduisait à vive allure, ce qui a été contredit par les images de vidéosurveillance.
Après un certain temps, les policiers ont tenté de faire signe à Gomes de quitter l'autoroute, mais il a choisi de continuer jusqu'à sa résidence. À cet endroit, après un bref arrêt, il a redémarré, moment que Gilles Guilbert a choisi pour dégainer son arme. Trois tirs ont été tirés, le second étant mortel, touchant les poumons et l’aorte thoracique d’Olivio.
Des témoignages accablants
Gilles Guilbert insiste sur le fait qu'il a agi en état de légitime défense, soutenant que l'automobiliste aurait tenté de le percuter avec son véhicule. "J'étais certain d'y passer", a-t-il déclaré au tribunal. Cependant, pour le représentant de l'accusation, Olivio Gomes n'avait pas l'intention de blesser; son comportement n'était pas celui d'un chauffard, mais d'un individu cherchant à échapper à un contrôle policier.
Les représentant du parquet ont mis en lumière les nombreux mensonges dans les témoignages des policiers, les accusant d’avoir déformé les faits concernant la vitesse d’Olivio Gomes et d’avoir tenté de manipuler la situation après les tirs. Les détails cruciaux de cette affaire soulèvent de multiples questions sur l’usage de la force par les policiers et la légitimité de leurs actions.







