A Harnes, une ville de 12.000 habitants dans le Pas-de-Calais, la liste du Rassemblement national a remporté les élections municipales dès le premier tour avec 50,29 % des voix. Anthony Garenaux-Glinkowski, 34 ans, devient ainsi le maire d'une commune historiquement dirigée par le Parti socialiste depuis 2008, et précédemment par des maires communistes depuis 1944. Sa première décision notable a été de n'afficher que le drapeau tricolore sur la mairie.
Cette mesure a suscité des débats, le Parti communiste local s'interrogeant sur la portée d'un tel acte. "S’agit-il vraiment d’un choix politique ou simplement d’un nettoyage symbolique ?", ont-ils demandé sur leur page Facebook, soulignant la résonance des décisions du RN au niveau national.
Une vision souverainiste affirmée
Dans une interview accordée à la Voix du Nord, Anthony Garenaux-Glinkowski a exprimé la motivation politique derrière cette disparition des drapeaux. Se présentant comme souverainiste, il a affirmé qu'"un seul drapeau doit flotter sur les bâtiments publics", en référence au drapeau français. Ce choix, a-t-il ajouté, s’inscrit dans une logique de rejet des symboles de l’Union européenne, particulièrement après le résultat du référendum de 2005, où les habitants de Harnes avaient voté majoritairement contre la constitution européenne.
Les critiques se multiplient, illustrant un climat de division croissant sur les questions identitaires et européennes. Ce changement de symboles à Harnes pose la question de la manière dont les municipalités pourraient se réorganiser sous des gouvernements à tendance nationaliste, comme le souligne un analyste politique : "Nous entrons dans une ère où les politiques locales s'alignent de plus en plus sur les doctrines nationalistes, créant une division entre ouverture et repli."







