Dès le 10 janvier 2026, les pêcheurs amateurs devront enregistrer leurs captures de quatre espèces sensibles sur une application dénommée Rec Fishing. La mesure est loin de faire l’unanimité.
La pêche amateur risque-t-elle d'être mise sous pression par un excès de réglementation ? Une nouvelle mesure, mise en place en réponse à une législation européenne adoptée en 2023 sur la pêche durable, fait débat. Les pêcheurs en mer, âgés de plus de 16 ans, auront l'obligation de déclarer leurs captures lors de chaque sortie pour quatre espèces en particularité : le lieu jaune, le bar, la dorade rose et le thon rouge. Cette déclaration devra se faire via l'application Rec Fishing, que les pêcheurs devront impérativement télécharger et installer. Auparavant, les amateurs de pêche de loisir devaient déjà se conformer à plusieurs règles, qui incluaient des périodes de capture, des tailles minimales pour les poissons, ainsi que des quotas spécifiques pour certaines espèces.
“Une démarche chronophage et décourageante”
Pour de nombreux pêcheurs, cette réglementation ressemble à un fardeau supplémentaire dans un univers déjà complexe. Jean-François Bonniord, président de l’association des plaisanciers de Sainte-Anne du Portzic à Brest, a récemment exprimé sa frustration en disant : "Beaucoup envisagent même de vendre leur bateau à cause de ça. Cela engendre une peur généralisée. La plaisance devrait avant tout rimer avec plaisir, et non pas avec des contraintes." Gilles Cabon, un autre pêcheur, abonde dans son sens en soulignant la complexité du processus : "Tout le monde ne pourra pas s'adapter. Il y a des personnes qui n'ont pas de smartphone ou qui ne se sentent pas à l'aise avec l'informatique." D'autres partagent un sentiment similaire en affirmant que ces nouvelles contraintes ne font qu'ajouter des difficultés à leur passion.
Des experts en environnement, tels que le biologiste marine Dr. Sylvie Duval, soulignent que ces mesures, bien que controversées, visent à garantir la durabilité des ressources maritimes. "La pêche artisanale est cruciale pour notre écosystème et nos communautés. En assurant une collecte de données précise, nous pouvons mieux protéger nos mers et océans," affirme-t-elle. Ce point de vue est cependant difficile à concilier avec les préoccupations des passionnés, qui se sentent souvent méprisés par des décisions perçues comme éloignées de la réalité des pêcheurs amateurs.







